Pyrénées : Le maire d’un village de l’Ariège interdit les randonnées à cause de la présence d’ours

MONTAGNE Connu pour son opposition à la présence d’ours dans les Pyrénées, le maire d’Ustou interdit la randonnée sur sa commune en raison de la présence de plantigrades

F.H. avec AFP

— 

Des agents de l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) dans les Pyrénées.
Des agents de l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) dans les Pyrénées. —
  • Selon le maire d’Ustou, en Ariège, « tous les soirs, des troupeaux subissent des attaques, on en est à 80 brebis reconnues comme prédatées » et dans la nuit de mercredi à jeudi, quatre ours se sont attaqués à des troupeaux.
  • Invoquant une menace pour les hommes, Alain Servat a interdit la randonnée dans les secteurs, frontaliers avec l’Espagne, qui surplombent le cirque de Cagateille, très fréquenté par les marcheurs en cette saison.
  • C’est sur le territoire de la commune d’Ustou qu’un ours de quatre ans a été découvert mort tué par balles début juin.

Si vous aimez randonner dans les Pyrénées, tout particulièrement en Ariège, il faut éviter de passer par la commune d’Ustou. Le maire de cette commune frontalière avec l'Espagne, a pris un arrêté, jeudi, interdisant la randonnée sur la portion du massif surmontant son village. La raison ? La présence d’ours dans la zone.

« Tous les soirs, des troupeaux subissent des attaques, on en est à 80 brebis reconnues comme prédatées. Et là, cette nuit, de minuit à 6 h, quatre ours n’ont pas cessé d’attaquer des troupeaux sur l’estive du col d’Escots, tout près de la cabane », a affirmé Alain Servat, maire d’Ustou opposé à la présence de l’ours dans les Pyrénées, pour justifier son arrêté. « La bergère s’est trouvée en danger, les agents effaroucheurs de l'OFB [Office français de la biodiversité] ont eu beaucoup de mal à les repousser, ils n’y sont pas arrivés, d’ailleurs », a-t-il ajouté.

Une zone où les procédures d’effarouchement renforcé sont autorisées

Invoquant une menace pour les hommes, il a interdit la randonnée dans les secteurs, frontaliers avec l’Espagne, qui surplombent le cirque de Cagateille, très fréquenté par les marcheurs en cette saison. La préfecture a décliné tout commentaire dans l’immédiat, annonçant un communiqué pour plus tard dans la journée. Elle avait par le passé demandé à plusieurs reprises le retrait d’arrêtés pris par le même élu interdisant de façon symbolique la divagation des ours sur le territoire communal.

La zone fait partie de celles où la préfecture a autorisé début juillet des procédures d’effarouchement renforcé – allant jusqu’à des tirs non létaux – qui peuvent être menées par des agents de l’OFB pour protéger les estives des prédateurs.

Une cinquantaine d’ours recensés

C’est également sur le territoire de la commune qu’un ours mâle de quatre ans avait été découvert tué par balles le 9 juin. L’Etat a porté plainte, ainsi que 20 associations qui ont réclamé le remplacement de l’ours tué, conformément à la réglementation, mais l’enquête n’a jusque-là pas abouti.

L’affaire a exacerbé le conflit qui oppose les défenseurs de la présence ursine aux éleveurs, depuis que l’Etat a entamé fin des années 1990 le repeuplement des Pyrénées en ours, en respect de ses obligations européennes. Une cinquantaine de spécimens est désormais recensée sur le massif, un nombre invoqué par l’Etat pour geler le programme de réintroduction, mais jugé insuffisant par les écologistes pour assurer la survie du peuplement.