Mayotte : Un système d’alerte au tsunami sera mis en service en 2021

SEISMES L’île de l’océan Indien, confrontée à de nombreux séismes depuis mai 2018, sera équipée de 21 sirènes

20 Minutes avec agences

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Un graphique des secousses enregistrées lors d'un séisme. (Illustration)
Un graphique des secousses enregistrées lors d'un séisme. (Illustration) — HARTMANN CHRISTIAN/SIPA

L’île de Mayotte est soumise depuis mai 2018 à de nombreux séismes ayant entraîné  l’apparition d’un volcan sous-marin. Pour faire face à cette situation, un système d’alerte au tsunami composé de 21 sirènes sera mis en service en 2021 dans le 101e département français, a annoncé mercredi son préfet, Jean-François Colombet.

L’annonce a été faite à l’issue de la réunion du comité de suivi de la crise sismo-volcanique, consacrée aux premiers résultats des études scientifiques coordonnées par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) sur le risque tsunami à Mayotte.

L’île de Petite Terre la plus exposée

Celui-ci peut se produire en cas d’effondrement de la chambre magmatique du volcan, en cas de séisme grave ou en cas de glissement de terrain dû à l’instabilité des récifs. « C’est cette dernière forme, qui n’a rien à voir avec le volcan, qui est la plus menaçante. Les études consistent à savoir quand cela peut se produire, quel volume d’eau le tsunami déplacera et quelle hauteur de vague il provoquera. Les premières conclusions prévoient des submersions marines de 50 cm à 1,50 m selon les lieux », a expliqué Jean-François Colombet.

C’est l’île de Petite Terre à l’est de Mayotte, là où sont situés l’aéroport international et la résidence du préfet de Mayotte, qui serait la plus exposée aux tsunamis.

Une campagne d’information grand public

La préfecture va par ailleurs réaliser une campagne d’information grand public sur les comportements à tenir en cas d’alerte. Des panneaux de signalisation, des itinéraires et de lieux de regroupement vont être mis en place dans toutes les communes, en collaboration avec l’université de Montpellier. Des exercices grandeur nature seront réalisés, notamment dans les écoles.

Un projet de création d’un observatoire scientifique a également été soumis à un jury international. « Il permettra de savoir en temps réel ce qui se passe sous la mer. En ce moment, il y a des sismomètres qui mesurent en continu les vibrations du sol et des stations de magnéto-tellurique qui scannent le sol pour le cartographier », a expliqué de son côté Charlotte Mucig, la directrice régionale du BRGM. « En octobre, on y ajoutera des sondes de sismo-réfraction pour mesurer la propagation des ondes dans le sol », a ajouté la scientifique.