L'état du littoral s'améliore, selon l'Ifremer mais souffre encore de l'activité humaine

MER L’Ifremer a dévoilé une étude sur l’état du milieu marin près des côtes françaises

C.A. avec AFP

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Vue de résidences secondaires sur le littoral à Penmarc'h en Bretagne, depuis le haut du phare d'Eckmuhl.
Vue de résidences secondaires sur le littoral à Penmarc'h en Bretagne, depuis le haut du phare d'Eckmuhl. — C. Allain / 20 Minutes
  • La surveillance menée par l’Ifremer a notamment révélé que 78 % des zones de production de coquillages surveillées présentent encore des niveaux élevés de bactéries.
  • D’après l’Ifremer, près de 7 % des eaux côtières métropolitaines n’ont pas encore retrouvé le bon état écologique pour l’eutrophisation (accumulation de nutriments, notamment issus des engrais agricoles et développement de microalgues) fixé par la Stratégie pour le milieu marin (DCSMM).

 

« Depuis trente ans que nous surveillons le littoral, la situation tend à s’améliorer, mais il reste des points de vigilance particuliers et des marges de progression considérables ». Les mots sont signés du PDG de l’Ifremer, François Houllier. Et en disent long sur les progrès qui restent à faire pour préserver l’environnement côtier français. Pour l’institut, l’état du milieu marin « s’améliore régulièrement » mais « continue de souffrir, notamment des conséquences des activités humaines ».

La surveillance menée par l’Ifremer a notamment révélé que 78 % des zones de production de coquillages surveillées présentent encore des niveaux élevés de bactéries de type Escherichia coli​, obligeant les professionnels à les purifier dans de l’eau traitée avant de les proposer à la consommation. Cette bactérie, très présente dans la flore intestinale humaine, se déverse dans l’eau de mer. Les stations d’épuration et réseaux d’assainissement sont souvent pointés du doigt.

L’Escherichia coli n’est pas le seul problème que le littoral français va devoir traiter. D’après l’Ifremer, près de 7 % des eaux côtières métropolitaines n’ont pas encore retrouvé le bon état écologique pour l’eutrophisation (accumulation de nutriments, notamment issus des engrais agricoles et développement de microalgues) fixé par la Stratégie pour le milieu marin (DCSMM). C’est notamment le cas en Manche-mer du Nord et en Bretagne. « L’amélioration de la situation passe aussi par tout un travail auprès des professionnels et de l’ensemble des acteurs », souligne Philippe Riou, directeur du département Océanographie et dynamique des écosystèmes de l’institut.

Les « points de vigilance » sur les contaminations chimiques sont concentrés autour de grandes zones d’activité portuaire ou maritime, baie de Seine, Brest, embouchure de la Gironde, Toulon.

L’usine fermée, l’eau de la Loire moins polluée

Les sources de ces contaminations souvent anciennes ont en général été identifiées et traitées et les niveaux baissent régulièrement, comme dans l’estuaire de la Loire, où une contamination au plomb a fortement chuté à la suite de la fermeture de l’usine responsable après l’interdiction de l’essence plombée en 2000.