Pyrénées : La (très officielle) brigade d’effaroucheurs d’ours entre en action en Ariège

DISSUASION La préfète de l’Ariège a autorisé lundi des effarouchements renforcés sur deux estives fréquentées par des ours. Des agents spécialisés, déjà sur place, vont pouvoir procéder à des tirs non létaux

Hélène Ménal

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Une famille d'ours brun comme ceux qui vivent dans les Pyrénées.
Une famille d'ours brun comme ceux qui vivent dans les Pyrénées. — Julian Cox - Solent News - Sipa
  • La préfète de l’Ariège vient d’autoriser l’effarouchement renforcé des ours sur deux estives, un procédé contesté par les défenseurs des plantigrades.
  • Des agents vont pouvoir procéder à des tirs non létaux pour éloigner les ours des troupeaux.
  • Depuis le début de l’année, 137 brebis ont péri sous les griffes d’un ours dans le département.

Pan sur les pattes. Les ours qui rôdent dans l’Ariège, du côté de Bordes-Uchentein ou d’Ustou, vont devoir se trouver un nouveau garde-manger. Chantal Mauchet, la préfète, a en effet annoncé lundi soir qu’elle autorisait des opérations «  d'effarouchement renforcé » sur ces deux estives. Sitôt l’arrêté préfectoral signé, la toute nouvelle « brigade de six effaroucheurs », constituée d’agents formés de l’Office français de la biodiversité, est entrée en action sur les hauteurs.

L’effarouchement est un dispositif récent dans les Pyrénées où il est entré en vigueur en 2019, seulement « à titre expérimental ». La procédure comporte deux niveaux : l’effarouchement simple que les bergers peuvent pratiquer eux-mêmes avec des sirènes et des lampes éblouissantes ; puis la phase renforcée durant laquelle les agents de l’OFB peuvent procéder à des tirs « non létaux », avec des « cartouches double détonation ou en caoutchouc ».

Là où un ours a été abattu

Et, évidemment, cette façon d’éloigner les ours des troupeaux pour éviter les prédations est très contestée par les amis des plantigrades qui la jugent inefficace et dangereuse, pour les ours comme les hommes.

Cette décision de mettre en mouvement les effaroucheurs arrive à un moment où les tensions entre pro et anti plantigrades sont exacerbées dans le massif après la découverte, le 9 juin, d’un ours abattu par arme à feu en Ariège. Sur la commune d’Ustou justement.

La préfecture indique que depuis la sortie d’hibernation, « 105 constats de dommage aux troupeaux, impliquant 137 ovins », ont été dressés.