Europe centrale: Les renouvelables peuvent évincer le charbon, selon un rapport

ENERGIE Pologne, Tchéquie, Roumanie, Bulgarie… Dans ces quatre pays où le charbon est encore très présent, les énergies renouvelables constitueraient « la moins chère des sources de production d’électricité de masse », conclut un rapport de BloombergNEF

20 Minutes avec AFP

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Une centrale thermique au charbon à Kozienice (Pologne).
Une centrale thermique au charbon à Kozienice (Pologne). — ZEPPELIN/SIPA

Les énergies renouvelables ont un énorme potentiel et sont désormais économiquement avantageuses dans des pays d'Europe centrale et orientale comme la Pologne, qui dépendent encore beaucoup du charbon, selon un rapport du groupe d'experts BloombergNEF publié lundi.

«Les renouvelables sont la moins chère des sources de production d'électricité de masse pour la Pologne, la Tchéquie, la Roumanie et la Bulgarie», écrivent les experts dans un document consacré à ces pays où le charbon est encore très présent malgré ses effets néfastes sur les émissions de gaz à effet de serre et la pollution de l'air.

Des projets renouvelables «  en train de devenir compétitifs »

Il ne s'intéresse en revanche pas à l'Allemagne, gros pollueur qui veut sortir du charbon d'ici à 2038. «Les nouveaux projets renouvelables sont en train de devenir compétitifs face aux coûts marginaux des centrales à charbon et à gaz existantes», selon ces experts.

En suivant la politique du moindre coût, ces pays pourraient atteindre une part de 47% pour les renouvelables dans la production électrique d'ici à 2030, contre seulement 31% dans leurs plans nationaux actuels en matière d'énergie et de climat.

Ils pourraient ainsi déployer plus de 50 gigawatts (GW) de capacités nouvelles, dont 25 GW d'éolien et 29 GW de solaire. Cela signifierait une accélération par rapport à la tendance actuelle, hormis en Pologne où le déploiement des renouvelables s'est déjà accéléré ces deux dernières années.

Des chutes d’émissions de CO2 pas négligeables

Selon les experts de BNEF, cela représente presque 54 milliards d'euros d'opportunités d'investissement nouvelles, avec la perspective de 45.000 emplois associés, qui seraient les bienvenus en ces temps de relance économique post Covid-19.

Cet essor des renouvelables permettrait sur dix ans une chute de 50% des émissions de CO2 du secteur électrique de ces quatre pays, soit 114 millions de tonnes. Il s'agit d'une contribution importante de 6% aux objectifs de réduction des émissions de l'Union européenne, selon BNEF.

Pour que ces changements se matérialisent, il faudra un soutien public favorable à l'éolien et au solaire, qui offre une certaine stabilité et permette de surmonter les réticences occasionnelles de certains riverains. Il faudra aussi s'assurer que les prix du carbone ne baissent pas en Europe, ajoute le rapport.