Pyrénées-Orientales : Dans la réserve de Cerbère-Banyuls, le nombre de mérous explose et c’est une bonne nouvelle pour tout l’écosystème

MER Il y avait, selon le dernier comptage, plus de 600 individus, contre une dizaine dans les années 1980

Nicolas Bonzom

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Un mérou, au sein de la réserve de Cerbère-Banyuls.
Un mérou, au sein de la réserve de Cerbère-Banyuls. — Didier Fioramonti Réserve Naturelle Marine de Cerbère Banyuls
  • En 1974, pour la première fois en France, une réserve naturelle marine était créée au large du Roussillon, entre Cerbère et Banyuls-sur-Mer, dans les Pyrénées-Orientales.
  • Près d’un demi-siècle après son ouverture, ce site protégé est devenu un véritable petit paradis pour la faune marine : les populations de mérous, une espèce qui était véritablement menacée de disparition, explosent.
  • Ils étaient une dizaine dans les années 1980, ils sont plus de 600 aujourd’hui.

En 1974, pour la première fois en France, une réserve naturelle marine était créée au large du Roussillon, entre Cerbère et Banyuls-sur-Mer, dans les Pyrénées-Orientales. Un dispositif visant à protéger les fonds marins, pour tenter d’enrayer la destruction de la côte par le tourisme, la surpêche et la pollution.

Près d’un demi-siècle après son ouverture, ce site protégé est devenu un véritable petit paradis pour la faune marine : l’organisme américain Marine Conservation Institute a attribué au site, en 2019, le statut de « refuge mondial pour la mer », pour distinguer, notamment, son impact bénéfique sur la protection de la biodiversité marine. Mais aussi pour saluer « l’augmentation des populations » d’espèces marines qu’elle a permis.

La réserve naturelle de Cerbère-Banyuls
La réserve naturelle de Cerbère-Banyuls - Didier Fioramonti Réserve Naturelle Marine de Cerbère Banyuls

« C’est une espèce qui était véritablement menacée »

C’est le cas des mérous, qui prospèrent depuis des années dans la réserve de Cerbère-Banyuls, gérée par le département des Pyrénées-Orientales. « C’est une espèce qui était véritablement menacée de disparition, tout simplement parce qu’elle est facile à pêcher, et bonne à manger », explique Frédéric Cadene, le conservateur de la réserve.

En 2001, il y avait 190 mérous sur le site. En 2006, 202 individus. « Mais le comptage avait été quelque peu faussé par des conditions météorologiques, affreuses cette année-là », reprend Frédéric Cadene. En 2011, 363 mérous avaient été comptabilisés. En 2014, 430. En 2017, 608. Contre une dizaine d’individus, à peine, au milieu des années 1980. « C’est assez remarquable », reprend le conservateur. Cette explosion de la population de mérous est due, sans aucun doute, à la création de la réserve, mais aussi à un texte de loi, dans les années 1990, qui a protégé les mérous en Méditerranée.

Si le mérou va, tout va

A noter, des populations de mérous, encore faibles, sont désormais observées à l’extérieur de la réserve, en bordure de la zone protégée. « C’est encourageant, l’espèce se développe sur les zones périphériques », note Frédéric Cadene.

Et cette explosion des mérous, c’est une bonne nouvelle pour l’ensemble de la faune et la flore locale. « Le mérou est en haut de la chaîne alimentaire, donc si pour lui cela évolue positivement, cela signifie que tout ce qui est en dessous de lui se porte bien, c’est un excellent indicateur pour nous », reprend le conservateur. Le prochain comptage des mérous devrait, sans aucun doute, confirmer cette prolifération de l’espèce.