Arctique russe: Le géant minier Nornickel de nouveau dans le collimateur, pour un rejet d’eaux usées dans la nature

POLLUTION Des eaux usées, utilisées pour le traitement des minerais que Nornickel extrait dans la région arctique, ont débordé d’un réservoir, dimanche, a reconnu la compagnie, déjà à l’origine d’une pollution aux hydrocarbures dans la région il y a un mois

20 Minutes avec AFP

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Un salarié de l'entreprise Nornickel, le 15 juin 2020 près de Norilsk, dans l'Antarctique russe, lors d'une opération de nettoyage après le déversement de 21.000 tonnes de carburant d'un réservoir d'une centrale thermique appartenant à Nornickel dans une rivière voisine (Photo illustration).
Un salarié de l'entreprise Nornickel, le 15 juin 2020 près de Norilsk, dans l'Antarctique russe, lors d'une opération de nettoyage après le déversement de 21.000 tonnes de carburant d'un réservoir d'une centrale thermique appartenant à Nornickel dans une rivière voisine (Photo illustration). — Kirill Kukhmar/TASS/Sipa USA/SIP

Le géant minier russe Nornickel a rapporté dimanche un rejet d'eaux usées dans l'une de ses usines d'enrichissement de minerai dans l' Arctique, un mois après une pollution sans précédent aux hydrocarbures dans la même région.

Selon un communiqué publié sur le site de Nornickel, l'incident concerne l'usine d'enrichissment de Talnakh, située près de la ville arctique de Norilsk. Les eaux usées, utilisées pour le traitement des minerais extraits de la région, ont «débordé d'un réservoir» dimanche et se sont déversés dans la nature, selon la compagnie.

Un risque de contamination à la rivière avoisinante ?

Ce rejet a ensuite été «stoppé» par le personnel de l'usine et il ne représente «aucune menace de fuite de déchets», selon Nornickel.

Les services du ministère russe des Situations d'urgence sur place, cités par l'agence publique Ria Novosti, ont toutefois évoqué un risque de contamination de la rivière Kharaïelakh avoisinante par des substances toxiques.

Le Comité d'enquête russe a confirmé dans un communiqué un «rejet non autorisé de déchets liquides dans la zone de toundra» près de Talnakh et annoncé l'ouverture d'une enquête.

Des rejets dans la nature à dessein ?

Le journal d'opposition Novaïa Gazeta a pour sa part affirmé que l'usine rejetait illégalement à dessein les eaux usées dans la nature et publié des images de la zone. Selon ses correspondants locaux, les employés de Nornickel ont démonté les tuyaux de rejet à la hâte lors de l'arrivée sur place des enquêteurs et services d'urgence.

Une porte-parole de Nornickel, Tatiana Egorova, a confirmé à l'AFP que les employés de l'usine avaient pris la décision de «rejeter de l'eau purifiée du réservoir» et qu'une enquête interne était en cours.

Deuxième incident de ce type en un mois

Il s'agit du deuxième incident de ce type en un mois dans la région: le 29 mai, 21.000 tonnes de carburant que contenait le réservoir d'une centrale thermique appartenant à Nornickel se sont déversées dans la rivière Ambarnaïa et les terrains proches, teintant les cours d'eau en pourpre.

Le président Vladimir Poutine avait alors décrété l'état d'urgence dans cette région de l'Arctique russe riche en minerais et en charbon.

Les autorités ont indiqué le 17 juin avoir terminé le nettoyage en surface de cette pollution, bien que le nettoyage complet risque de prendre «des années».

La conséquence du dégel du permafrost ?

Nornickel estime que cet accident a probablement été provoqué par le dégel du pergélisol -- ou permafrost --, conséquence du changement climatique, qui aurait entraîné l'effondrement des piliers soutenant la citerne.