Pyrénées : Loin des polémiques, sept oursons déjà repérés au printemps

BIODIVERSITE Sept oursons nés cette année, issus de quatre portées différentes, ont été repérés en 2020. Un chiffre encore provisoire

Nicolas Stival

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Deux oursons chahutent. Illustration.
Deux oursons chahutent. Illustration. — Drew Hamilton / Solent News / Sipa
  • Alors que les pro et anti ours s’écharpent autour de la mort par balle d’un plantigrade début juin, sept petits ont déjà été repérés dans les Pyrénées au printemps.
  • Ces oursons nés en janvier sont issus de quatre portées différentes, dont trois vivent sur le versant français du massif.

Déjà palpable, la tension entre pro et anti ours atteint des sommets dans les Pyrénées depuis la découverte du cadavre d’un mâle tué par balles, le 9 juin à Ustou, en Ariège. Loin de ces polémiques, le reste de la communauté ursine du massif poursuit sa vie. Sept oursons ont ainsi été repérés au printemps, grâce à des pièges photographiques et vidéos, ou à des observations humaines.

« Ils sont issus de quatre portées différentes, trois en France et une sur le versant espagnol », détaille Alain Reynes, favorable au plantigrade. Le directeur de l’association Pays de l’Ours-Adet, qui s’appuie sur des données officielles encore non publiées, n’en dira pas plus sur leur localisation, en raison de l’actualité brûlante. Tout juste sait-on que le premier ourson observé cette année l’a été le 19 mai en Ariège.

Ces chiffres sont encore provisoires et pourraient approcher, voire dépasser, la barre des dix atteinte en 2019. « Selon les années, on se situe entre cinq et dix naissances, indique Alain Reynes. Les petits naissent tous en janvier, dans la tanière maternelle pendant l’hibernation. Leurs mères n’ont pas encore été identifiées. »

Crottes et « pièges à poils »

Elles le seront peut-être dans quelque temps de manière génétique, grâce à la découverte de crottes ou aux « pièges à poils » disposés sur les troncs de certains arbres. Attiré par une odeur spécifique, l’ours brun s’y gratte le dos avec volupté. Mais qu’ils soient sept, dix ou plus, tous ces « 2020 » n’arpenteront pas les pentes pyrénéennes dans quelques années, comme une cinquantaine de leurs congénères aujourd’hui.

La mortalité « infantile » est en effet de 25 % chez l’ours brun. Outre les maladies ou les accidents, un petit peut avoir le malheur de tomber entre les griffes d’un mâle adulte désireux de s’accoupler avec sa mère. C’est sans doute ce qui est arrivé l’année dernière aux oursons de Sorita, détectés puis disparus dans les Pyrénées centrales.