Déconfinement : Le retour de la pollution de l’air plus brutal à Paris qu’ailleurs en Europe

QUALITE DE L'AIR C’est le constat que dresse le Centre de recherche sur l’énergie et la qualité de l’air, qui a mesuré le rebond des niveaux de dioxydes d’azote, gaz toxique émis principalement par le trafic routier, depuis le déconfinement. Paris affiche +118 %

F.P.

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La ville de Paris sous un nuage de pollution le 6 août 2018.
La ville de Paris sous un nuage de pollution le 6 août 2018. — GERARD JULIEN / AFP

Les deux mois de confinement n’auront été qu’une parenthèse sur le front de la pollution à Paris. Ce jeudi, la préfecture de Paris a placé la capitale et sa proche banlieue en circulation différenciée, en raison des prévisions de pollution à l’ozone causée par les fortes chaleurs attendues sur l’Ile-de-France.

Un polluant secondaire qui n’est pas émis directement par les activités humaines. Mais ces dernières jouent tout de même un rôle. « L’ozone résulte de transformations chimiques, sous l’effet du rayonnement solaire, de polluants primaires tels que les oxydes d’azote et les composés organiques volatiles, émis notamment par le trafic routier et les activités industrielles », explique ATMO Grand Est.

Vers à un retour du NO2 à des niveaux pré-Covid

Ce pic de pollution à l’ozone fait écho à une étude du Centre de recherche sur l’énergie et la qualité de l’air (CREA)publiée ce mercredi. Cet organisme de recherche indépendant international, basé en Finlande, s’est penché sur le niveau de dioxyde d’azote (NO2), un gaz très toxique émis principalement par le trafic routier, dans les villes d’Europe de plus d’un million d’habitants, avant et après le déconfinement, relate Le Monde. Pour se faire, le CREA s’est basé sur les données collectées jusqu’au 20 juin par les réseaux officiels de surveillance de la qualité de l’air en Europe. A l’instar d’ Airparif en Ile-de-France.

Résultat : « La pollution atmosphérique a déjà commencé à converger vers des niveaux pré-Covid 19 dans toutes les villes prises en compte dans l’étude », note le CREA. Avec néanmoins des rythmes différents.

+118 % à Paris, mais un rebond à nuancer

C’est à Paris, justement, que le CREA observe le plus fort rebond du niveau de NO2 (+118 %), par rapport à la moyenne des trente jours de confinement, durant lesquelles les concentrations en NO2 étaient les plus basses. Loin derrière, on trouve Bruxelles (+ 88 %) et Milan (+ 73 %). Et encore plus loin Madrid (+ 49 %), Londres et Munich (+ 34 %) ou encore Berlin, où le rebond est quasi nul. Plus 4 % seulement.

Le CREA invite toutefois à ne pas surinterpréter ces écarts. Si à Paris, le rebond est important, c’est aussi que la chute des concentrations en NO2 avait été très forte pendant le confinement. Moins 60 % par rapport à la même période de 2017, 2018 et 2019 précise Le Monde. Contre – 33 % pour Londres. Avec Bucarest, Lisbonne ou Milan, Paris faisait ainsi partie des villes où le niveau de NO2 a le plus baissé, indique le CREA dans son étude.

Malgré ces 118 % de rebond, Paris n’est pas pour autant, aujourd’hui, la ville la plus polluée au NO2 d’Europe. La concentration en dioxyde d’ozone reste aujourd’hui plus forte à Bruxelles, Milan ou Munich.