Amazonie : Des fonds d'investissement appellent le Brésil à stopper la déforestation

ENVIRONNEMENT Ces fonds d’investissement se disent « inquiets de l’impact financier » que la déforestation pourrait avoir sur leurs clients

20 Minutes avec agences

— 

Une zone de l'Amazonie victime de la déforestation.
Une zone de l'Amazonie victime de la déforestation. — Fernando Bizerra Jr./EFE/SIPA;

Des fonds d’investissement gérant près de 4.000 milliards de dollars d’actifs ont appelé mardi le Brésil à stopper la déforestation en Amazonie. Ils évoquent ainsi le « risque » que font peser sur leurs portefeuilles la perte de biodiversité et les émissions de gaz à effet de serre. « Nous sommes inquiets de l’impact financier que la déforestation et la violation des droits des peuples autochtones pourraient avoir sur nos clients », écrivent-ils dans une lettre ouverte.

Ces gestionnaires d’Europe, d’Asie ou d’Amérique du Sud expriment leurs craintes que le gouvernement de Jair Bolsonaro n’utilise la crise du Covid-19 pour pousser à une déréglementation environnementale qui pourrait « menacer la survie de l’Amazonie ». Car les mesures de confinement décidées à travers la planète pour freiner la pandémie de Covid-19 pourraient conduire à une baisse mondiale des émissions de CO2, mais un accroissement de la déforestation pourrait au contraire augmenter la part du Brésil dans ces émissions.

Hausse importante de la déforestation

Les défenseurs de l’environnement craignent que l’année 2020 soit la plus dévastatrice de l’histoire pour la forêt amazonienne. Celle-ci pourrait être pire que 2019 lorsque la recrudescence des incendies avait choqué le monde entier. D’après les données recueillies par satellite par l’Institut national de recherches spatiales (INPE), 829 km2 de forêt amazonienne ont été déboisés en mai, 12 % de plus que l’an dernier. Depuis le début de l’année, la déforestation a atteint plus de 2.000 km2, 34 % de plus que sur la même période de 2019.

Les écologistes accusent le gouvernement du président Jair Bolsonaro de favoriser la déforestation en appelant à légaliser l’agriculture ou les activités minières dans des zones protégées.

« Des risques systémiques à notre portefeuille »

Les gestionnaires de la vingtaine de fonds signataires de la lettre ouverte appellent ainsi le gouvernement brésilien à « s’engager clairement » à réduire la déforestation et à protéger les droits des peuples autochtones.

Parmi les signataires se trouvent le Britannique LGPS Central, le Français Comgest ou le fonds de pension norvégien KLP. « En tant qu’institutions financières, nous considérons la déforestation, avec ses impacts sur la biodiversité et le changement climatique, comme des risques systémiques à notre portefeuille », insistent-ils.