Ours abattu dans l’Ariège : La présidente du département appelle à la loi du silence

DEFENSE DES ANIMAUX Alors qu’une association offre une prime pour savoir qui a eu la peau de l’ours, la présidente du conseil départemental de l’Ariège veut que « la montagne reste muette »

H.M.

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Un fusil de chasse. Illustration.
Un fusil de chasse. Illustration. — Petr Sznapka - AP - Sipa

Le sujet est sensible, il enflamme les Pyrénées. Depuis la découverte le 9 juin d’un ours abattu par balle(s) dans l’Ariège, les tensions entre les éleveurs, pas vraiment émus par la mort du plantigrade, et les amis des animaux sont exacerbées. La situation s’est encore envenimée quand l’ONG Sea Shepherd a promis une récompense – désormais d’un montant de 30.000 € – à quiconque permettra de faire avancer l’enquête et de démasquer le tireur.

Cette initiative, pas vraiment dans la culture pyrénéenne, a reçu ce jeudi une réponse cinglante de la part de Christine Téqui, la présidente socialiste du conseil départemental de l’Ariège. « Que la montagne reste muette, lance-t-elle. C’est la meilleure réponse qui peut être apportée à ceux qui pensent que tout s’achète sans se soucier de la haine et de la violence que leur initiative va engendrer. »

« Rubrique des meurtres non élucidés »

L’élue va plus loin, indiquant qu’elle ne veut pas la vérité à tout prix : « Quitte à ce que la mort de cet ours figure dans la rubrique des meurtres non élucidés, je souhaite que les Ariégeoises et les Ariégeois démontrent qu’ils ne peuvent pas être achetés, car ils ne sont pas à vendre. »

Plusieurs associations de défense des animaux appelaient à une marche blanche samedi à Foix, en hommage à l’ours tué. Mais la préfecture indique ce jeudi qu’elle a interdit cette manifestation, en vertu de l’état d’urgence sanitaire. La décision vaut aussi pour d’éventuelles contre-manifestations qui seraient en préparation.