Ours abattu dans les Pyrénées : La récompense pour trouver l'auteur du tir passe de 10.000 à 30.000 €

WANTED L’ONG Sea Shepherd a réévalué la récompense de 10.000 à 30.000 € pour toute information permettant d’identifier l’auteur des coups de feu mortel sur l’ours

Béatrice Colin

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L'ours retrouvé mort le 9 juin 2020 à Ustou dans l'Ariège.
L'ours retrouvé mort le 9 juin 2020 à Ustou dans l'Ariège. — Office français de la Biodiversité
  • Un ours a été retrouvé tué par balles mardi en Ariège.
  • Alors que l’Etat a annoncé avoir porté plainte, une ONG a lancé la semaine dernière une récompense de 10.000 € pour collecter toute information qui servira à l’enquête de gendarmerie.
  • Elle vient de tripler la somme ce lundi.

Les enchères montent. Après avoir annoncé jeudi qu’elle offrait la somme de 10.000 € pour toute information sur la mort de l'ours retrouvé en Ariège en début de semaine prochaine, l'ONG Sea Shepherd a indiqué ce lundi que cette « prime au braconnier » s’élève désormais à 30.000 €.

« Un sympathisant de Sea Shepherd domicilié dans les Pyrénées a effectué un don de 5.000 € afin de gonfler la récompense. Un autre don de 1.000 € d’un particulier a été perçu à cet effet et une autre association, implantée dans les Pyrénées, a souhaité faire un don de 2.000 € », explique l’association.

Depuis, Julien Muller, le fondateur du réseau Pet Alert, leur a emboîté le pas et a décidé d’offrir 10.000 € de récompense et une association de protection de la faune sauvage basée en Alsace a annoncé contribuer à hauteur de 2.000 €.

Ce n’est pas la première fois que Sea Sheperd fait appel à ce procédé. L’an dernier, elle avait fait de même pour retrouver les auteurs de la décapitation de phoques dans le Finistère. Deux marins avaient été ainsi retrouvés et seront bientôt jugés.

Eleveurs vent debout

« Si ce système de récompense est peu courant en France et a pu surprendre, jamais, dans aucun autre pays où Sea Shepherd a eu recours à ce procédé, une telle surenchère spontanée n’avait eu lieu. Cela veut bien dire les gens en ont marre que quelques-uns s’octroient le droit de détruire le peu qu’il reste de vie sauvage et que justice ne soit jamais rendue », estime l’association, qui assure qu’il n’est pas là question de faire justice soi-même, « ni de remplacer les gendarmes, mais au contraire de les aider pour accélérer l’enquête ».

Une pratique contre laquelle s’est indignée la Fédération nationale ovine. Elle a demandé « aux pouvoirs publics de réagir fermement à l’encontre de ces associations de protection de la nature, qui, rappelons-le, grâce aux subventions publiques, utilisent l’argent du contribuable à des fins indignes alors que les éleveurs essaient eux de vivre dignement de leur métier ».

Du côté de la gendarmerie, l’enquête se poursuit alors que l’autopsie dévoilée par le procureur de la République de Foix a montré que la mort était due à une « hémorragie thoracique importante » bien liée à « l’utilisation d’une arme à feu ».