Pourquoi la Bretagne ne doit pas se croire à l’abri d’une sécheresse

METEO La nature des sols fragilise les ressources souterraines, susceptibles de se vider rapidement en été

Camille Allain

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Illustration d'une personne marchant sous la pluie lors d'un orage en 218 à Rennes.
Illustration d'une personne marchant sous la pluie lors d'un orage en 218 à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes

Il est tombé l’équivalent d’un mois de pluie en 24 heures. Jeudi, la Bretagne a été particulièrement arrosée à l’occasion du passage d’une importante perturbation. Une journée de flotte à l’image de l’hiver breton : gris et particulièrement humide. Une excellente nouvelle pour les réserves en eau de la région, qui avaient été particulièrement sollicitées lors du très chaud été 2019. Si la Bretagne ne fait pas partie des régions menacées par la sécheresse, elle n’est pas pour autant à l’abri d’un épuisement de ses ressources en eau. Voici pourquoi.

Il existe en France deux types de nappes souterraines. Celles que le Bureau de recherches géologiques et minières décrit comme « inertielles » mettent beaucoup de temps à se remplir mais résistent mieux à l’effet d’un été caniculaire. Et celles que le BRGM appelle « nappes réactives », qui se remplissent plus rapidement mais sont beaucoup plus sensibles à la sécheresse. C’est ce type de nappes que l’on trouve en Bretagne, région où la nature des sols est majoritairement granitique ou schisteuse. Cet automne et cet hiver, durant la période dite de « pluies efficaces » qui va d’octobre à avril, la Bretagne a été copieusement arrosée et les nappes ont pu se recharger. A l’aube d’un été que Météo-France annonce « chaud et sec », « les niveaux sont satisfaisants, voire excédentaires », selon le dernier bilan du BRGM.

La situation des nappes phréatiques au 1er juin 2020 selon le Bureau de recherches géologiques et minières.
La situation des nappes phréatiques au 1er juin 2020 selon le Bureau de recherches géologiques et minières. - BRGM

La Bretagne ne doit pas pour autant flamber sur l’arrosage. La nature de ses sols en fait une région très sensible à des longues périodes sèches. Durant l’automne et l’hiver, « la végétation est en dormance et les précipitations viennent recharger les réserves souterraines », explique Violaine Bault, hydrogéologue au BRGM. Mais en été, c’est la végétation qui capte l’essentiel des pluies. En Bretagne, les nappes « peuvent se recharger pendant les fortes pluies d’orages ». A l’inverse, elles peuvent aussi se vider beaucoup plus rapidement que les nappes dites « inertielles ».