Ours abattu dans les Pyrénées : Une ONG offre une récompense de 10.000 euros à qui permettra de faire avancer l’enquête

WANTED L’ONG Sea Shepherd offre une récompense de 10.000 euros « pour motiver ceux qui auraient des informations » sur l’ours « tué par balles » retrouvé mardi en Ariège

Hélène Ménal

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L'ours retrouvé mort le 9 juin 2020 à Ustou dans l'Ariège.
L'ours retrouvé mort le 9 juin 2020 à Ustou dans l'Ariège. — Office français de la Biodiversité

Ce procédé à l’américaine a déjà permis à Sea Sheperd de retrouver la trace de deux marins « décapiteurs » de phoques bientôt jugés dans le Finistère. L’ONG quitte l’océan pour la montagne et récidive aujourd’hui en se mêlant de l’enquête sur la mort de l’ours pyrénéen, « abattu par arme à feu » et retrouvé mardi dans l’Ariège.

Elle offre une récompense de 10.000 euros « pour motiver ceux qui auraient des informations permettant de faire avancer l’enquête ». « Les informations seront transmises aux autorités en charge de l’affaire et la récompense sera versée si le témoignage aboutit à l’inculpation du ou des coupable(s) », précise Sea Shepherd dans un communiqué.

Une plainte à venir de l’association Rewild

« La saison de chasse étant fermée, l’enquête semble se diriger vers un acte délibéré de braconnage ou une mauvaise rencontre avec un éleveur », s’avance l’ONG, qui regrette que « pour son acte illégal et odieux », le chasseur qui a tué en 2004 l’ourse Cannelle, la dernière de souche pyrénéenne, n’ait écopé que d’amendes. Elle précise enfin qu’en parallèle, l’association Rewild, dont elle cofondatrice, va porter plainte.

Cette « prime à la délation » a suscité l’indignation de la Fédération nationale ovine. Ses représentants ariégeois demandent « aux pouvoirs publics de réagir fermement à l’encontre de ces associations de protection de la nature, qui rappelons-le, grâce aux subventions publiques, utilisent l’argent du contribuable à des fins indignes alors que les éleveurs essaient eux de vivre dignement de leur métier ».

Du côté de l’enquête officielle, confiée aux gendarmes de Saint-Girons, rien n’a filtré depuis mercredi, jour où le jeune ours mâle, non encore identifié, devait être autopsié à l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse. Si son geste est délibéré, l’éventuel tireur risque trois ans de prison et une peine d’amende allant jusqu’à 150.000 euros.