Transition écologique : Il y a un « fossé énorme » entre ce qui est prévu et ce qu’il faudrait faire pour le climat

CHANGEMENT CLIMATIQUE L'épidémie de Covid-19 a aussi contribué à ralentir les projets, ce qui devrait affecter les investissements pour 2020

20 Minutes avec AFP

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Un parc photovoltaïque installé en France (image d'illustration).
Un parc photovoltaïque installé en France (image d'illustration). — Frederic Scheiber/20MINUTES

Les ambitions des Etats en matière de transition énergétique ne sont pas à la hauteur de l’Accord de Paris, alerte un rapport des Nations Unies. Les prévisions montrent qu’il faudrait multiplier au moins par trois les efforts entrepris.

« Afin d’être en bonne voie pour limiter sous les 2 °C la hausse des températures dans le monde, conformément à l’Accord de Paris, il faudrait ajouter environ 3.000 gigawatts (GW) de capacités renouvelables d’ici 2030 », soulignent dans un rapport le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), l’Ecole de finance et de gestion de Francfort et Bloomberg new energy finance (BNEF).

Des efforts de moins en moins importants

Or, les gouvernements et les entreprises se sont pour l’instant engagés à seulement 826 GW de nouvelles capacités renouvelables (hors hydraulique), pour un coût estimé autour de 1.000 milliards de dollars, selon leurs calculs. Le rapport confirme ainsi le « fossé énorme » entre les ambitions des différents pays du monde et les exigences en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Les auteurs soulignent également que les efforts consentis pour la décennie qui vient apparaissent « modestes » comparés à ce qui a été fait dans le passé. Sur la décennie 2010-2019, le monde avait en effet enregistré des capacités supplémentaires de 1.213 GW de renouvelables (hors grands barrages hydroélectriques), pour un investissement de près de 2.700 milliards de dollars. La seule année 2019 s’est d’ailleurs traduite par un record de 184 GW de capacités nouvelles (dont 118 GW en solaire et 61 en éolien), soit 20 GW de plus qu’en 2018.

Le Covid-19, un frein et un enjeu ?

Mais depuis, la crise du Covid-19​ a ralenti les projets et cela affectera les niveaux d’investissements en 2020, estiment les auteurs. « Cependant, les gouvernements ont maintenant l’opportunité d’adapter leurs plans de relance pour accélérer la sortie de processus polluants et adopter des technologies durables aux coûts compétitifs », dit le rapport.

« Les enjeux sont importants : si on rate cette chance, il pourrait devenir encore plus difficile de trouver les financements pour décarboner le système énergétique dans une économie mondiale post-Covid-19 caractérisée par des dettes publiques élevées et des finances sous contrainte dans le secteur privé », met-il en garde.