Russie : La pollution dans l’Arctique atteint un lac d’eau douce voisin

CONTAMINATION La pollution pourrait ensuite se propager dans la mer arctique Kara, « une catastrophe » pour Greenpeace

20 Minutes avec AFP

— 

Une photo prise par la Marine russe de la pollution au diesel dans l'Arctique.
Une photo prise par la Marine russe de la pollution au diesel dans l'Arctique. — Handout / Marine Rescue Service / AFP

La pollution continue de s’étendre en Russie, après une fuite massive de diesel dans l’Arctique russe la semaine dernière. Cette fois, c’est un vaste lac d’eau douce qui a été touché, contaminé par la rivière qui l’alimente, ont indiqué ce mardi les autorités.

L’annonce intervient alors que les autorités avaient cru la semaine passée avoir réussi à stopper la propagation avec des barrages flottants. Lundi soir, elles avaient finalement admis que les polluants n’avaient pas encore été contenus. « Le carburant a également pénétré dans le lac Piassino. C’est un beau lac d’environ 70 kilomètres de long contenant du poisson et une belle biosphère », a déclaré le gouverneur de la région de Krasnoïarsk (Sibérie), Alexander Ouss, cité par l’agence Interfax.

Un flou sur les chiffres officiels

Il est désormais « important d’empêcher (la pollution) d’atteindre le fleuve Piassina, plus au nord », a-t-il ajouté, estimant que c’est « possible ». Le cours d’eau se jette lui dans la mer arctique de Kara. Le 29 mai, 21.000 tonnes de carburant contenu dans le réservoir d’une centrale thermique appartenant à une filiale du grand groupe minier russe Norilsk Nickel se sont déversées dans la rivière Ambarnaïa et les terrains alentour après la rupture des piliers soutenant l’édifice.

Mardi, le directeur de Greenpeace en Russie, Vladimir Chouprov, a indiqué à l’AFP que ses équipes n’avaient pas encore pu accéder au site en raison de mesures de confinement contre le coronavirus. « Si 10.000 tonnes ou plus (de carburant) atteignent le lac, c’est une catastrophe. Jusqu’à présent, on ne nous donne pas les chiffres », regrette ce responsable, alertant sur les « conséquences néfastes » si cette pollution atteignait ensuite la mer de Kara.

Des vérifications de toutes les constructions

L’accident est considéré par les organisations écologiques et les autorités comme le pire accident dû aux hydrocarbures dans la région fragile de l’Arctique russe. Le patron et actionnaire majoritaire de Norilsk Nickel, le milliardaire Vladimir Potanine, a promis la semaine dernière que son groupe prendrait en charge l’intégralité du coût des opérations de dépollution, qu’il a estimé à 10 milliards de roubles (128 millions d’euros).

La Russie a ordonné aussi la vérification complète des infrastructures à risque bâties sur le permafrost. Le dégel du pergélisol (ou permafrost), conséquence du réchauffement climatique, fait figure de cause possible de cette catastrophe.