Filets, casiers, lignes... Des engins de pêche connectés par satellite pour limiter la pollution plastique des océans

POLLUTION La société toulousaine CLS vient de mettre au point des balises connectées pour les filets et autres casiers de pêche, afin de limiter la pollution plastique des océans

Béatrice Colin

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Les filets et autres engins de pêche sont une source de pollution plastique des mers et océans.
Les filets et autres engins de pêche sont une source de pollution plastique des mers et océans. — CLS
  • Spécialisée dans l’observation par satellite, la société toulousaine CLS a mis au point des balises connectées pour les filets et autres casiers de pêche.
  • La perte de ces engins de pêche par les chalutiers est à l’origine d’une part importante de la pollution plastique des océans.
  • Une expérimentation de ces balises connectées commence ce mois-ci en Méditerranée, dans le Var.

Ce lundi, comme chaque année à l’occasion de la journée mondiale des océans, des nettoyages de plages sont organisés un peu partout sur les côtes du monde entier. Parmi les déchets ramassés, les volontaires trouveront certainement des morceaux de filets et autres cordages issus de l’activité de la pêche.

Chaque année, 640.000 tonnes de lignes, gilets de sauvetage et autres matériels de pêche sont ainsi perdues en mer ou abandonnées dans les océans par les chalutiers, se transformant parfois en pièges pour les tortues et les dauphins.

Ils sont pour la plupart composés de plastique et viennent s’ajouter aux millions de tonnes de déchets dont ils représentent 10 % du volume. Pour limiter le nombre de ces « équipements fantômes », la société toulousaine CLS, spécialisée dans l’observation de la Terre, a mis au point une petite balise, pas plus grosse que deux pouces, connectée par satellite. « C’est un réel fléau auquel on propose d’apporter une partie de la réponse. Nous avons réussi à faire sauter le verrou technologique en créant ces balises mais aussi le verrou économique car elles seront à des prix accessibles et variables selon les tailles de boîtier », explique Gaëtan Fabritius, directeur de l’innovation et de la prospection chez CLS. Il faudra aussi débourser quelques euros par mois pour le suivi.

Soutenue par le Cnes et en partenariat avec Ifremer, la société expérimente ce mois-ci ses premiers filets connectés en Méditerranée en association avec le Comité départemental des pêches maritimes et des élevages marins du Var. D’ici au mois de septembre, une autre expérimentation sera lancée Outre-Mer pour tester d’autres types d’engins de pêche.

Gain pour les pêcheurs

La puce Argos pour connecter les engins de pêche déployée par CLS.

« Ce dispositif a plusieurs dimensions. Celle d’éviter que ces engins deviennent des déchets marins jamais récupérés. C’est aussi un gain opérationnel pour les pêcheurs qui vont ainsi faire moins de mer pour les récupérer grâce à leur localisation et ils pourront ainsi mieux gérer leur espace de pêche. Cela leur évitera de perdre du matériel cher », poursuit le responsable de CLS.

Et pour la communauté scientifique, c’est un moyen de suivre les flottes de pêche et assurer la gestion durable des ressources marines.

La phase d’expérimentation devrait s’achever l’an prochain pour une commercialisation des balises l’année suivante. Pour s’inscrire dans un cercle vertueux, les engins ramenés sur terre et qui seraient inutilisables seront recyclés par une filière de valorisation de l’économie solidaire.