Coronavirus : Des ONG dénoncent la pression des lobbies pendant la crise

CRISE Elles mettent en garde contre l’utilisation d’argent public au profit de ces mêmes industries, qui tentent d’assouplir des régulations sociales et environnementales

20 Minutes avec agences

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Illustration d'un épisode de pollution de l'air.
Illustration d'un épisode de pollution de l'air. — Olivier Coret / SIPA

La crise liée au coronavirus a été l’occasion pour des lobbies industriels de tenter d’assouplir des régulations sociales et environnementales, dénoncent ce mercredi deux ONG qui mettent en garde contre l’utilisation d’argent public au profit de ces mêmes industries. Pendant cette crise, « les représentants des principales industries polluantes – l’énergie, le transport aérien, l’automobile, se sont immédiatement mobilisés […] pour obtenir l’abandon, la suspension ou la remise à plus tard de nombreuses régulations », dénoncent les Amis de la Terre et l’Observatoire des multinationales dans un rapport.

Le Medef, principale organisation patronale en France, avait demandé fin avril « un moratoire » sur la mise en place de mesures environnementales, notamment dans la lutte contre le gaspillage et le recyclage, demande rejetée par la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne. La secrétaire d’Etat Brune Poirson dénonçait ce lundi dans La Provence l’explosion du recours au plastique, encouragé « parfois par des messages des lobbies ». « Tous ces lobbies, on les a fait sortir par la grande porte à l’occasion de la loi antigaspillage qui a été votée en janvier dernier et ils sont en train de revenir par la fenêtre », dit-elle.

Renforcer la transparence du lobbying

Ils n’ont pas été les seuls, selon les deux ONG, qui citent des demandes de l’Association française des entreprises privées (AFEP), des secteurs automobile, aérien ou agricole. Pour les organisations, il est essentiel que les aides accordées par l’Etat pour soutenir des industries polluantes soient conditionnées à « un plan de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre et à la sortie programmée de leurs activités les plus néfastes ».

Elles citent l’exemple des prêts de sept milliards d’euros accordés à Air France, qui devra réduire certaines liaisons nationales si elles sont réalisables en 2h30 en train, ainsi que de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Ces trajets pourraient être « transférés à des filiales low-cost d’Air France », relèvent les ONG qui critiquent aussi le recours aux agrocarburants pouvant contribuer à la déforestation, et à la « compensation carbone » en plantant des arbres, insuffisante pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Pour elles, il est urgent de renforcer la transparence du lobbying en France, en rendant par exemple publics les rendez-vous entre décideurs et représentants d’intérêts, en mettant en place un observatoire indépendant « qui assure la transparence sur les aides publiques » ou encore « des conditions juridiquement contraignantes et vérifiées » pour les entreprises qui en bénéficient.