Côte d'Azur: Pourquoi les goélands sont pris pour cible sur le littoral ?

NATURE Des campagnes de stérilisation des œufs sont menées à Nice et à Cannes pour limiter la prolifération de cette espèce protégée

Fabien Binacchi

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Des drones viennent asperger les œufs d’huile pour empêcher leur éclosion
Des drones viennent asperger les œufs d’huile pour empêcher leur éclosion — CDSI
  • Après Nice, Cannes lance aussi des opérations de stérilisation des œufs de goélands.
  • « L’idée n’est pas d’éradiquer l’espèce mais bien de rétablir un certain équilibre », dit-on dans la cité des festivals.

Pour la première fois ce printemps, Cannes a fait, comme à Nice, la chasse aux œufs de goélands. Près de 160 d’entre eux, traqués sur les toits de la cité des festivals par des drones, ont été recouverts d’huile de tournesol… pour empêcher leur éclosion.

Mais alors pourquoi tant de haine ? « Au fil des années, la population de ces oiseaux a grandi en ville, où ils trouvent de multiples sources de nourriture. Et avec cette présence plus importante ont aussi augmenté les signalements de comportements agressifs », répond Muriel Cucchi, chef de service à la direction hygiène, santé et environnement de la ville de Cannes.

Arrêté préfectoral

Animaux domestiques menacés, pique-niques chipés, le volatile n’a pas vraiment bonne presse dans les communes du littoral. Surtout si l’on ajoute, comme la mairie de Nice le fait remarquer, « les cris et les fientes ». Cette dernière fait d’ailleurs savoir qu’elle a pu également « traiter » 300 œufs cette année.

Comment est-ce possible ? Le goéland leucophée est une espèce protégée par le code de l’environnement. Ces campagnes de stérilisation « sont autorisées chaque année par arrêté préfectoral afin d’éviter la prolifération de cette espèce en ville », indique la mairie de Nice. Précisément, « un arrêté ministériel a été émis permettant de déroger à la particularité d’espèce protégée, sans toucher les oiseaux vivants et en s’attaquant uniquement aux œufs », explique encore Muriel Cucchi. Le procédé est également utilisé sur la façade atlantique.

« L’idée n’est pas d’éradiquer l’espèce, mais bien de rétablir un certain équilibre », dit-elle. Equilibre encore troublé par le confinement. Certains nids ont été repérés sur des plages et même au beau milieu d’un chantier.