Déforestation : Un terrain de foot de forêt primaire détruit toutes les six secondes

ENVIRONNEMENT Environ 38.000 km² ont été détruits au cours de l’année 2019

C.C. avec AFP

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Déforestation illégale dans la forêt amazonienne au Brésil.
Déforestation illégale dans la forêt amazonienne au Brésil. — Raphaël Alves AFP

De vastes étendues de forêts vierges sont parties en fumée en 2019, équivalentes à la taille de la Suisse, le Brésil représentant plus d’un tiers de ces pertes, selon une étude publiée ce mardi. La République démocratique du Congo et l’Indonésie arrivent en deuxième et troisième positions pour la perte de ces forêts, détruites pour faire place à de l’élevage ou des plantations, selon le rapport annuel de Global Forest Watch, basé sur des données satellitaires.

Environ 38.000 km² ont été détruits l’an dernier, soit l’équivalent d’un terrain de football toutes les six secondes, ce qui fait de 2019 la troisième année la plus dévastatrice pour les forêts primaires en deux décennies. La superficie totale de forêts tropicales détruite par le feu et les bulldozers à travers le monde en 2019 a été en fait trois fois plus importante, mais les forêts primaires sont particulièrement précieuses. Elles abritent une très grande diversité des espèces présentes sur Terre et stockent d’énormes quantités de CO2, qui contribue au réchauffement climatique une fois libéré.

Des inquétudes toujours plus fortes au Brésil

« Il faudra des décennies, voire des siècles à ces forêts pour retrouver leur état d’origine », en partant du principe que les terres qu’elles couvraient soient laissées tranquilles, indique Mikaela Weisse, qui coordonne le Global Forest Watch pour le think tank américain World Resources Institute (WRI).

De nombreux nouveaux « points chauds » de déforestation sont apparus. Dans l’Etat de Para, par exemple, ils correspondent à des accaparements illégaux de terre dans la réserve indigène des Trincheira/Bacaja. Et ceci a eu lieu avant que le gouvernement propose une nouvelle législation assouplissant l’extraction minière, pétrolière ou gazière dans ces régions protégées, ainsi que l’agriculture intensive. Le président brésilien Jair Bolsonaro a donné son feu vert en février à ce projet de loi.

Augmentation de 80 % en Bolivie

L’épidémie de Covid-19 pourrait aggraver les choses, non seulement au Brésil, particulièrement touché, mais partout où cela peut affaiblir l’application déjà très faible des pouvoirs des nations vivant des forêts tropicales. La Bolivie a connu une perte de forêts sans précédent en 2019, 80 % de plus que la précédente année record, à cause d’incendies dans les forêts primaires et avoisinantes, dus à l’élevage et à la culture du soja principalement.

L’Indonésie en revanche a connu une baisse de 5 % de la surface totale de forêts détruites, 3.240 km2, pour la troisième année de suite, une surface près de trois fois moins importante qu’en 2016, année record.