Toulouse : C’est quoi ces tortues carnivores, pas vraiment inoffensives, qui pullulent au bord du canal du Midi

FAUNE Plusieurs tortues aquatiques ont été découvertes au cours du mois de mai près du canal du Midi. Des espèces loin d’être inoffensives

Béatrice Colin

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Une tortue serpentine (illustration).
Une tortue serpentine (illustration). — Scottslm /Pixabay
  • Plusieurs tortues aquatiques ont été retrouvées ce mois-ci en bord de Garonne.
  • Originaires d’Amérique du Nord, elles ont été confiées par les gendarmes à un zoo de Dordogne.
  • Cette espèce carnivore est dangereuse pour l’homme mais aussi pour les tortues endémiques.

Début mai, en plein confinement, une famille vivant dans une péniche amarrée à Ramonville, sur le canal du Midi, a découvert trois petites tortues vivant dans l’eau. Le 26 mai, un autre spécimen de la même espèce a été découvert au niveau de l’aire de jeu de la ferme de Cinquante, à quelques mètres de là où avaient été retrouvées les premières tortues.

Mais cette fois-ci, elle faisait 25 cm et avait l’air bien moins mignonne que ses jeunes congénères. Les gendarmes de la Haute-Garonne, qui en ont héritées, ont d’abord cru que les petites, pourvues de rangées de pique sur le dos, étaient des tortues alligators, une espèce capable de vous sectionner un doigt avec sa mâchoire.

En réalité, toutes seraient des tortues serpentines, aussi redoutables que leur cousine alligator. « Ce sont toutes des tortues aquatiques originaires d’Amérique du Nord, elles sont hargneuses et dangereuses », explique à 20 Minutes Roland Collebrusco du zoo de Mescoules en Dordogne, là où les tortues ont trouvé refuge.

Cette espèce carnivore peut mesurer jusqu’à 80 cm et atteindre les 100 kg. « Mais même si elle ne fait que 50 kg, elle est agressive car elle est habituée à chasser, contrairement aux tortues de terre qui se contentent d’herbe. Elle a comme un bec de perroquet, un véritable sécateur », poursuit le spécialiste.

Aux dépens des espèces endémiques

Au-delà des poissons, elle peut s’attaquer aux oiseaux et est donc assez rapide et vive. Si les zoos comme celui de Roland Collebrusco sont autorisés à détenir cette espèce, ce n’est pas le cas des particuliers.

Mais c’est certainement l’un d’eux qui a relâché la plus grosse, âgée de 15 à 20 ans. Et cette tortue-là est peu être la mère des plus petites. « Elle a certainement été achetée en animalerie au moment où c’était encore possible, puis a été relâchée. On en trouve dans la nature depuis pas mal de temps. Le risque c’est que l’on se retrouve avec la même problématique que celle des tortues de Floride, considérée comme une espèce exotique envahissante, aujourd’hui bien implantée et qui se reproduit sans aucun problème », relève le capacitaire animalier.

Au-delà de son agressivité, la tortue serpentine pourrait nuire à la biodiversité locale et aux espèces endémiques comme la tortue boueuse, aujourd’hui en déclin.