Réchauffement climatique : Les espèces marines migrent plus vite vers les pôles que leurs congénères terrestres

ETUDE Pour fuir le réchauffement, les espèces animales migrent vers les pôles pour retrouver un environnement plus clément

20 Minutes avec agences

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Banc de poissons dans les fonds marins au large de Djibouti, dans l'Océan Indien.
Banc de poissons dans les fonds marins au large de Djibouti, dans l'Océan Indien. — PETILLOT/SIPAPETILLOT/SIPA

Pour faire face au réchauffement climatique, les espèces marines se déplacent vers les pôles jusqu’à six fois plus vite que leurs congénères terrestres. Ces dernières sont freinées par la pression des activités humaines, selon une étude menée par le CNRS, l’université Picardie-Jules-Verne, l’université Toulouse III et l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer). Celle-ci a été publiée ce lundi dans la revue Nature Ecology & Evolution.

Les espèces marines six fois plus rapides

Le réchauffement global entraîne une « migration invisible » des isothermes – ces lignes d’une même valeur de température – vers les pôles en latitude et vers les sommets en altitude. Pour y répondre, de nombreuses espèces modifient leurs aires de répartition en suivant le déplacement de ces isothermes afin de retrouver des conditions climatiques favorables à leur développement et leur survie.

En se fondant sur une base de données contenant des observations de déplacements d’espèces, cette nouvelle étude franco-américaine a pu montrer que les espèces marines se déplacent vers les pôles six fois plus vite (6 km/an en moyenne) que celles qui vivent sur terre. L’écosystème marin étant peu fragmenté, les espèces aquatiques peuvent se déplacer plus librement et vraisemblablement mieux suivre la course des isothermes.

Les activités humaines en cause

En analysant la vitesse de déplacement des aires de répartition de plus de 12.000 espèces animales et végétales en fonction de celle des isothermes en latitude et en altitude, les chercheurs ont pu mettre en évidence que sur terre, les activités humaines - comme l’urbanisme, l’agriculture ou la sylviculture - fragmentent et isolent les habitats naturels, ce qui ralentit la redistribution des espèces animales et végétales vers les pôles.

Les chercheurs rappellent ainsi qu’un « déséquilibre » se creuse en milieu terrestre entre la redistribution des espèces animales et végétales et la vitesse à laquelle le climat se réchauffe. « Pour les ectothermes (espèces qui ne peuvent contrôler elles-mêmes leur température interne) comme les amphibiens, leur seule manière de répondre » au réchauffement et au déplacement des isothermes, « c’est de migrer », explique Jonathan Lenoir, l’un des auteurs de l’étude publiée le 25 mai. « Ils n’ont pas d’autres choix que de se déplacer. Si en plus on fragmente leur habitat, on les condamne », prévient-il.