Déconfinement à Toulouse : Après une pause pour nos poumons, la pollution repart-elle de plus belle ?

AIR Après une chute brutale des concentrations de dioxyde d’azote dès le début du confinement, les taux sont repartis à la hausse, mais pas comme avant

Béatrice Colin

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circulation automobile. périphérique est de  Toulouse.
circulation automobile. périphérique est de Toulouse. — Alexandre GELEBART/REA
  • La période de confinement a permis de voir les taux de dioxyde d’azote, un polluant, baisser autour des axes routiers.
  • Avec le déconfinement, les niveaux sont repartis à la hausse, en particulier à Toulouse comparé à Montpellier.
  • Mais selon l’Observatoire de la qualité de l’air, ces niveaux restent inférieurs de 30 % à ceux d’avant la crise sanitaire.

Durant deux mois, les gazouillis des oiseaux ont remplacé le bruit de fond du périphérique toulousain et son lot de gaz issus des pots d’échappement. Au point que la pollution au dioxyde d'azote avait baissé de 61 % le long des axes routiers de la Ville rose durant la période de confinement​.

Mais depuis plus de quinze jours, le périphérique a retrouvé son ballet incessant de voitures au rythme de la reprise économique. « Mais nous restons en dessous des niveaux d’avant confinement, si on les maintenait ainsi ce serait bien car c’est 32 % de moins en moyenne sur la région », relève Dominique Tilak, la directrice d'Atmo Occitanie, l'observatoire régional de la qualité de l'air. Alors que la baisse de la pollution avait été brutale et rapide, la hausse ne suit donc pas le même mouvement.

Si elle n’est pas revenue à son niveau d’avant la crise en Occitanie, c’est à Toulouse, à proximité de ses axes routiers, que la pollution a été tout de même la plus élevée ces quinze derniers jours. Les niveaux de dioxyde ont augmenté de plus de 70 % par rapport à la période de confinement, quand ce chiffre a été de 32 % à Montpellier.

« Cela signifie que la reprise d’activité n’est pas la même dans les deux métropoles. Il y a toujours une circulation plus importante à Toulouse qui compte le double d’habitants, mais là nous n’avons pas non plus d’embouteillages et le télétravail continue à être important », pondère Dominique Tilak.

Si la pollution de fond au dioxyde d’azote a suivi les oscillations à la baisse de l’activité économique, celle aux particules fines est restée à un niveau élevé. Au début du confinement, parce qu’il faisait froid et que les chauffages tournaient encore à plein régime. Puis, parce que les gens ont commencé à jardiner pour s’occuper et brûler leurs végétaux. Sans compter le rôle des particules venues d’ailleurs, que ce soit du sable désertique ou des épandages agricoles du nord de la France.

Une baisse des concentrations d’ozone

Reste que nos poumons auront quand même profité de cette période. Grâce à la baisse du trafic routier et du dioxyde d’azote, mais aussi de l’ozone. « Sur les analyses hebdomadaires on ne voyait rien, mais sur la totalité de la période on constate une réduction comparée à la moyenne des trois dernières années. Ce n’est pas un polluant directement émis par les activités humaines, mais issu de la transformation des polluants présents dans l’atmosphère, influencé par l’ensoleillement et les températures. Ses concentrations ont baissé de 8 % », relève la directrice de l’Observatoire de l’air. Ce qui n’exclut pas de se retrouver d’ici quelques jours avec des pics d’ozone. La qualité de l’air était ainsi assez moyenne ce mercredi sur l’ensemble de l’Occitanie.

Des chiffres loin d’être anodins lorsque l’on sait que chaque année la pollution de l’air tue prématurément 48.000 personnes en France.