Brésil: Déforestation record en Amazonie depuis janvier

POUMON VERT Selon des données officielles : 1.202 km2 de forêt ont disparu lors des quatre premiers mois de cette année, soit 55 % de plus que lors de la même période de 2019

20 Minutes avec AFP

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Une zone de déforestation illégale en Amazonie, au Brésil en 2018.
Une zone de déforestation illégale en Amazonie, au Brésil en 2018. — Felipe Werneck/AP/SIPA

Le pessimisme est de mise concernant l’Amazonie. Des chiffres laissent en effet entrevoir une nouvelle année noire pour la plus grande forêt tropicale du monde. Selon des données officielles publiées vendredi, la déforestation a ainsi atteint un record entre janvier et avril en Amazonie brésilienne.

Des doutes sur l’action du président Bolsonaro

D’après les images satellites de l’Institut brésilien de Recherches Spatiales (INPE), un organe gouvernemental, 1.202 km2 de forêt ont ainsi disparu lors des quatre premiers mois de cette année. Cette déforestation est de 55 % supérieure à celle de la même période de 2019 et la plus élevée sur la période de janvier à avril depuis le début des statistiques mensuelles en 2015.

Surtout, ces chiffres soulèvent des questions sur l’engagement du président Jair Bolsonaro à protéger l’Amazonie, dont plus de 60 % se trouvent en territoire brésilien. 2019, la première année au pouvoir du chef de l’Etat d’extrême droite, avait été marquée par un nombre jamais vu d’incendies qui avaient dévasté d’immenses zones d’Amazonie et attiré un flot de critiques de la communauté internationale sur le Brésil. Au total, la déforestation en Amazonie brésilienne a progressé de 85 % l’an dernier, sur 10.123 km carrés, dépassant le seuil symbolique des 10.000 km carrés pour la première fois depuis le début de ces statistiques en 2008.

L’armée va intervenir

La tendance pour cette année paraît inquiétante alors que la saison sèche, qui favorise les incendies, ne commence qu’à la fin mai. Mais le feu n’est de loin pas l’unique responsable de cette situation. Cette destruction de la forêt est en grande partie imputable aux coupes de bois sauvages, à l’extraction minière ou à l’activité agricole sur des terres normalement protégées.

Face à une situation alarmante, Jair Bolsonaro a été contraint cette semaine de réagir. Le président a autorisé jeudi l’envoi de l’armée pour lutter contre la déforestation et les incendies en Amazonie, entre le 11 mai et le 10 juin. Mais pour les défenseurs de l’environnement, il serait plus avisé d’augmenter les budgets et les moyens en personnels des agences environnementales, dont certaines ont vu leurs moyens fondre depuis son accession au pouvoir.