Bretagne : Des recours contre les préfets ayant réduit les distances de pulvérisation des pesticides

ENVIRONNEMENT L'association Eau et Rivières de Bretagne critique la réduction des distances de pulvérisation des pesticides près des habitations

C.A. avec AFP

— 

Épandage de pesticides dans un champ en Loire-Atlantique, en octobre 2018.
Épandage de pesticides dans un champ en Loire-Atlantique, en octobre 2018. — SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA

La colère est toujours bien vive. Mercredi, l’association environnementale Eau et Rivières de Bretagne a annoncé qu’elle allait déposer des recours devant le tribunal administratif pour demander l'annulation de dérogations accordées en Bretagne par les préfets pour réduire les distances de pulvérisation de pesticides à proximité des habitations. En France, 25 préfets ont signé cet arrêté permettant aux agriculteurs de réduire par deux la distance de protection. De cinq mètres à trois mètres pour les cultures basses de type maraîchères et de 10 mètres à cinq mètres pour les cultures hautes.

Plusieurs associations ont vivement critiqué ce choix des préfets qui concerne notamment les quatre départements bretons, l’une des premières régions agricoles du pays. « Le recours a été déposé concernant le Finistère et il est en cours concernant les trois autres départements », précise Dominique Le Goux, en charge du dossier « pesticides » à Eau et Rivières de Bretagne. Le 23 avril, neuf ONG, dont Eau et Rivières, ont déposé deux recours devant le Conseil d’État contre les dérogations accordées début avril par des préfets. Des députés de la majorité gouvernementale avaient également critiqué cette décision.

« Sans aucune concertation publique »

« En pleine crise sanitaire du coronavirus, sans aucune concertation publique ni aucune concertation avec les associations environnementales et associations d’usagers, les préfets des quatre départements bretons viennent de réduire la limite d’épandage des pesticides à trois et cinq mètres des maisons et jardins », dénonce l’association.

Ces dernières semaines, en plein confinement et avec une circulation réduite, l’agence bretonne pour la qualité de l’air, Air Breizh, avait alerté sur les émissions d'ammoniac en Bretagne «  qui proviennent des élevages de porcs, bovins et volailles », selon l’organisme.