Seine-Maritime : Après cinq attaques d'animaux suspectes, la présence d'un loup se précise, une cellule de veille créée

SURVEILLANCE La préfecture de Seine-Maritime veut concilier enjeux agricoles et environnementaux avec la probable présence d'un loup, espèce protégée, dans le département

L.Gam. avec AFP

— 

Illustration d'un loup gris.
Illustration d'un loup gris. — Henry AUSLOOS/SIPA

La première alerte a été donnée le 8 avril à Londinières (Seine-Maritime), au sud-est de Dieppe :  un loup gris, espèce protégée, y aurait été observé. Depuis, « quatre attaques sur ovins et une prédation sur chevreuil ont été signalées sur les communes de Fesques, Osmoy-saint-Valery et Mesnil-Follemprise », a indiqué la préfecture dans un communiqué. De quoi justifier la mise en place d’une cellule de veille pour concilier enjeux agricoles et environnementaux.

Des agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) et de la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) se sont rendus sur place pour identifier la cause de la mort des animaux et collecter des indices. « La redondance des évènements sur un secteur de 80 km², associée à la qualité des éléments analysés démontrent des actes de prédation aux caractéristiques comparables : une mise à mort par morsure puissante à la gorge et avec consommation systématique de parties charnues sur une ou plusieurs victimes », indique la préfecture. « L’analyse de cet ensemble d’informations converge vers l’hypothèse de la présence d’un loup dans le secteur », estime-t-elle.

Pas une « zone de présence permanente »

La découverte du passage d’un loup en Seine-Maritime ne conduit toutefois pas les autorités de l’Etat à considérer le département comme une « zone de présence permanente » de l’espèce. De fait, « la détermination d’une zone de présence permanente implique des indices génétiques de présence de l’animal pendant deux années consécutives », explique le communiqué.

« L’obtention de clichés de bonne qualité et des analyses génétiques seront des facteurs déterminants pour caractériser l’espèce avec certitude et tenter d’en déterminer l’origine », conclut le communiqué, rappelant que le loup est une espèce strictement protégée en France comme en Europe.

Les agents de l’OFB ont renforcé leur surveillance dans le secteur concerné du département. Pour organiser la concertation entre les différents acteurs (associations, chasseurs, agriculteurs), une cellule de veille « loup » doit être rapidement mise en place. Elle devra notamment définir « les modalités pratiques à mettre en œuvre pour concilier les différents enjeux », tant agricoles, que cynégétiques et écologiques.