Biodiversité : Environ 15% de la faune endémique menacée en Martinique

ANIMAUX Urbanisation, pollution, tourisme et pêche mettent en danger escargots, tortues, oiseaux

20 Minutes avec AFP

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Illustration de la plage du Grand Macabou Conservatoire du littoral en Martinique.
Illustration de la plage du Grand Macabou Conservatoire du littoral en Martinique. — WITT/BNT/SIPA

La biodiversité en péril en Martinique. Près de 15 % de la faune endémique de Martinique est « en danger », à cause de l’urbanisation, de la pollution, du tourisme et de la pêche, révèle mercredi une étude de l' Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

15 espèces ont disparu

« Sur les 427 espèces indigènes évaluées, près de 15 % apparaissent menacées », selon des analyses réalisées par le Comité français de l’UICN, l’Office français de la biodiversité (OFB), le Muséum national d’Histoire naturelle, et des spécialistes de la faune martiniquaise. « Au total, 15 espèces ont déjà disparu, 62 sont menacées et 56 autres sont quasi menacées », ajoute l’UICN.

L’UICN met en cause l’urbanisation, qui détruit les habitats, notamment dans « les forêts semi-humides du sud », ou un escargot comme le « pleurodonte déprimé » est « en danger critique » dans la liste rouge de l’UICN.

Pesticipes et pollutions lumineuses

Les espèces sont aussi « soumises à de fortes pollutions par les rejets d’eaux usées ou les pesticides », comme la chlordécone, insecticide longtemps utilisé dans les bananeraies, qui « affecte potentiellement de nombreuses espèces telles que la crevette transparente (classée vulnérable), ou le martin-pêcheur à ventre roux (en danger critique) ».

La pollution lumineuse perturbe certaines espèces nocturnes, comme le murin de la Martinique (chauve-souris classée « quasi menacée »), la pêche a des conséquences sur le cachalot («en danger ») ou la tortue imbriquée («vulnérable »), souvent « enchevêtrés dans les filets ou percutés par les navires », et les activités touristiques impactent les mammifères marins (comme les baleines à bosse, classées « vulnérables »), les tortues marines ou certains oiseaux dont les sites de nidification sont perturbés.

Enfin l’introduction d’espèces devenues « envahissantes », comme le rat noir et la petite mangouste indienne, a des conséquences sur l’oiseau emblématique moqueur gorge-blanche, dont ils se nourrissent. Et l’iguane des petites Antilles, est « en danger critique » d’extinction face à l’invasion de l’iguane commun originaire d’Amérique.