Pesticides: Des députés de la majorité critiquent la réduction des distances de précaution

ENVIRONNEMENT Dans 25 départements français, des préfets ont autorisés à réduire par deux les distances de protection, à la demande de la FNSEA

C.A. avec AFP

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Illustration d'un tracteur d'épandage de pesticides, ici dans un champ de la Sarthe.
Illustration d'un tracteur d'épandage de pesticides, ici dans un champ de la Sarthe. — P. Siccoli / SIPA

La demande de la FNSEA de réduire les distances de précaution pour pulvériser les pesticides ne passe pas. Alors que 25 préfets de départements français ont accepté cette division par deux des distances de sécurité, une vingtaine de députés, dont une majorité de marcheurs et MoDem, ont écrit au ministre de l’Agriculture pour dénoncer cette décision.

Plusieurs des signataires de cette lettre en parleront certainement directement au président de la République ce mercredi à l'occasion de son déplacement en Bretagne. Dans la région, les préfets des quatre départements ont accepté la réduction des distances de précaution. La maraîchère bio et députée du Finistère Sandrine Le Feur, qui accueille Emmanuel Macron dans sa circonscription, aura l’occasion de faire part de son incompréhension.

Le 27 décembre, un arrêté portait à cinq mètres pour les cultures basses et dix mètres pour les cultures hautes les distances de sécurité minimale pour la pulvérisation des pesticides à proximité des lieux habités. En avril, ces distances ont été réduites à trois mètres et cinq mètres dans 25 départements français, à la demande de la FNSEA.

« C’est faire le choix d’ignorer leur santé »

Dans ce contexte d’épidémie de coronavirus, alors que « nos concitoyens sont aujourd’hui confinés à domicile et pour bon nombre d’entre eux vivent à côté de zones agricoles, permettre de telles pratiques, c’est faire le choix d’ignorer leur santé », écrivent encore les parlementaires, dont la députée LREM de la Somme Barbara Pompili, présidente de la commission développement durable de l’Assemblée, ou le député LREM de l’Essonne Cédric Villani.

La semaine dernière, un collectif d’associations avait demandé aux préfets d'interdire « les pulvérisations de pesticides près des habitations » pendant le confinement.