Nord : Pourquoi des milliers de poissons sont morts dans plusieurs cours d’eau

POLLUTION Un accident dans une sucrerie industrielle a provoqué une importante pollution des cours d’eau près de Cambrai

Mikaël Libert

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La sucrerie Tereos d'Escaudœuvres.
La sucrerie Tereos d'Escaudœuvres. — Google maps
  • Des milliers de poissons morts ont été retrouvés dans plusieurs cours d’eau du Nord.
  • Les investigations ont remonté l’origine de la pollution à une sucrerie industrielle.
  • Environ 100.000 m3 d’eau de lavage de betteraves se sont déversés dans la nature.

En fin de semaine dernière, des milliers de poissons ont été retrouvés morts dans plusieurs cours d’eau près de Cambrai, dans le Nord. Une enquête judiciaire a été ouverte et les investigations des inspecteurs de l’environnement ont permis de déterminer qu’il s’agissait d’une pollution dont l’origine provient d’une sucrerie industrielle, selon l’Office français de la biodiversité (OFB).

A partir de vendredi matin, une quantité importante de poissons morts a en effet été découverte dans les cours d’eau la Râperie, l’Erclin et dans le canal de l’Escaut, du côté d’Escaudœuvres, près de Cambrai. Il est aussi apparu que tous les ruisseaux situés en amont de ces cours d’eau avaient été touchés. Sitôt les faits établis, l’OFB a dépêché des inspecteurs sur place afin d’identifier la cause de cette mortalité piscicole.

100.000 m3 d’eau de lavage de betteraves

Assez rapidement, l’origine de la pollution qui a causé la mort des poissons a été identifiée. Selon l’OFB, « une digue d’un bassin de décantation de la sucrerie Tereos à Escaudœuvres » s’est rompue, entraînant « le déversement d’environ 100.000 m3 d’eau de lavage de betteraves » dans la nature.

Les premiers résultats des analyses de prélèvements effectués dans les cours d’eau ont permis de démontrer la présence d’une « quantité très importante de matière organique susceptible d’altérer gravement la vie aquatique », précise l’OFB, réfutant ainsi l’hypothèse d’une pollution d’origine chimique.

Pour autant, la dégradation de ces matières organique provoque la dissolution de l’oxygène présent dans l’eau aboutissant à « l’asphyxie de tous les organismes vivants à proximité », poursuit l’OFB. L’institution ajoute que le processus produit par ailleurs des substances toxiques « comme l’ammoniaque et les nitrites ».

L’enquête judiciaire menée par le parquet de Cambrai devra déterminer les responsabilités dans cette pollution. Le fait de déverser « des substances quelconques susceptibles de nuire à la faune et la flore dans les eaux superficielles constitue un délit pénal », rappelle l’OFB. La peine encourue est de deux ans de prison et 75.000 euros d’amende.