Plastique : La prestigieuse revue « Nature » met à l’honneur une technologie française de recyclage

RECHERCHE La société française Carbios a mis au point une technologie permettant de décomposer le PET, l’un des plastiques les plus communs

20 Minutes avec AFP

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Des bouteilles en plastique dans une usine de recyclage en Russie le 29 novembre 2019.
Des bouteilles en plastique dans une usine de recyclage en Russie le 29 novembre 2019. — Alexander Shcherbak/TASS/Sipa US

Nature, l’une des revues scientifiques les plus prestigieuses au monde, a consacré sa « une », ce jeudi, à une technologie mise au point par la société française Carbios pour recycler le PET, l’un des plastiques les plus communs, par voie biologique.

Le groupe de chimie verte basé à Clermont-Ferrand a mis au point une technologie permettant de décomposer le PET en ses composants de base en utilisant « des enzymes gloutons », a expliqué le Toulouse Biotechnology Institute (Insa Toulouse/Inrae/CNRS), qui a co-signé l’article.

Un brevet bientôt déposé

En avril 2018, des chercheurs américains et britanniques avaient déjà eu les honneurs de la presse scientifique avec une publication sur l’utilisation d’enzymes pour dégrader les plastiques. Carbios avait alors indiqué que ses recherches étaient bien plus avancées, mais avait précisé que sa priorité était alors de protéger sa technologie avec des brevets, avant d’envisager une publication dans une revue scientifique de référence.

La technologie de Carbios et de l’institut scientifique toulousain permet de décomposer 90 % du PET en dix heures. Les matières premières ainsi récupérées peuvent servir à fabriquer du PET neuf.

Une avancée écologique majeure

C’est une avancée majeure en matière d’économie circulaire, dans la mesure où le PET (polytéréphtalate d’éthylène) est l’un des plastiques les plus utilisés dans le monde, notamment pour la fabrication de bouteilles et de fibres polyester.

La méthode de Carbios et de l’institut de Toulouse est 100 fois plus efficace que les méthodes concurrentes annoncées jusqu’ici, ce qui « illustre la force de la collaboration publique/privée française pour porter la recherche fondamentale et appliquée au meilleur niveau international », se félicitent les deux entités dans un communiqué.