Au fait, est-ce que les ours des Pyrénées sont sortis de leur confinement ?

FAUNE Quelques indices laissent à penser que certains d’entre eux sont sortis de leur hibernation dans les Pyrénées, mais aussi ailleurs en Europe

Béatrice Colin

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Un ours brun. Illustration.
Un ours brun. Illustration. — Bret Charman / Shutterstock / Sipa
  • Avant les mesures de confinement, des membres du réseau «ours brun» avaient repéré des traces d’ours dans les Pyrénées.
  • A cette période, chaque année, des mâles sortent de leur tanière après une période d’hibernation.
  • Dans les Asturies, en Espagne, un ours a été repéré dans un village en quarantaine par des habitants confinés.

Une chose est sûre, les ours des Pyrénées rentrés dans leur tanière au début de l’hiver dernier ne devraient pas voir la différence lorsqu’ils en sortiront au cours des jours à venir. A un petit détail près, ils ne croiseront ni randonneurs, ni pêcheurs, ni chasseurs. « Une situation inédite pour la faune sauvage qui n’est pas arrivée depuis des centaines voir des milliers d’années », relève Alain Reynes de l'association Pays de l'Ours-Adet.

Pour limiter les accidents en montagne et éviter une saturation des urgences autres que celles liées à l'épidémie de coronavirus​, les  sorties à l’air libre sont désormais interdites​. De fait, celles consacrées au relevé des indices de présence des plantigrades le sont tout autant. Mais avant de rentrer en confinement, quelques-uns des membres du réseau ours brun avaient relevé des traces d’ours sortis d’hibernation.

« Nous avons eu des témoignages de traces de pattes avec photo à l’appui le dimanche 15 mars, en Ariège. Cela n’a rien d’étonnant, à partir de fin février, nous trouvons des indices de la sortie des ours, souvent des mâles et au compte-gouttes », précise le responsable de l’association.

Il est aussi possible que cet ours soit juste allé faire un tour au soleil avant de réintégrer sa tanière pour continuer à hiberner. Si tel est le cas, pas question de toucher à la moindre baie. « Lorsqu’il hiberne, il ne boit pas, ne s’alimente pas, n’urine pas et ne défèque pas. Rien ne sort et rien ne rentre. Car s’il urine il se déshydrate. On considère que durant cette période, sa baisse de consommation d’énergie est de 25 à 30 %, ce qui ne lui permet pas d’avoir une activité normale », précise le spécialiste.

Un ours dans un village en Espagne

Les mâles qui ont décidé de profiter du soleil et choisi de sortir réellement de leur léthargie auront perdu au cours de l’hiver environ 30 % de leur poids, ou plutôt de leurs réserves de graisse. Et comme après n’importe quel jeûne, les ours en goguette ne vont pas se lancer dans une consommation frénétique. En tout cas, pas dans les estives vides à cette période de l’année.

Impossible de les repérer aussi grâce aux caméras du réseau « ours brun », celles-ci sont retirées au cours de l’hiver pour éviter que l’électronique s’abîme avec le froid. Et les relevés de traces ne débutent officiellement qu’en mai.

Dans les Asturies, en Espagne, c’est sous l’œil des caméras des habitants confinés qu’un ours est apparu dans les rues d’un village hier.

Le calme des rues a poussé l’un des 350 plantigrades de cette région à pousser l’escapade jusqu’à la civilisation. Mais en période de quarantaine, il n’a pas croisé grand monde.