Amazonie : Si rien n’est fait, la forêt pourrait disparaître en 50 ans à cause du réchauffement climatique

ÉTUDE Si 35 % de la surface de la forêt amazonienne venait à disparaître, les chercheurs annoncent qu’elle serait perdue

20 Minutes avec agences

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Amazonie, illustration
Amazonie, illustration — AFP

La forêt amazonienne s’approche d’un point de non-retour sous l’effet du changement climatique. Elle pourrait se transformer en une savane aride d’ici un demi-siècle, avertissent des chercheurs dans une étude parue dans Nature communications.

La barrière de corail dans les Caraïbes, un autre écosystème majeur, pourrait disparaître en quinze ans si celle-ci dépasse également un point de non-retour, indiquent les scientifiques dans la même étude. De tels changements auraient des conséquences dramatiques pour les humains et les autres espèces qui dépendent de ces habitats, mettent-ils en garde.

Réchauffement, déforestation, acidification…

Dans les deux cas, les causes de ces modifications sont le changement climatique causé par l’humanité et les dommages environnementaux, déforestation dans le cas de l’Amazonie, pollution et acidification des océans pour les coraux. Selon les travaux des experts climat de l’ONU, le Giec, 90 % des coraux en eaux peu profondes seront condamnés si le réchauffement climatique atteint 1,5 °C comparé à la période préindustrielle. Une hausse de 2 °C signera leur disparition quasi complète. Le réchauffement atteint déjà 1 °C.

Concernant l’Amazonie, le point de basculement est moins clair, mais des scientifiques estiment que la perte de 35 % de surface déclencherait sa disparition. Environ 20 % de cette forêt vierge, qui recouvre plus de cinq millions de kilomètres carrés répartis sur sept pays, a été rasée depuis 1970, en grande partie pour cultiver du soja, du bois, de l’huile de palme, des biocarburants ou l’élevage bovin.

« Au bord du précipice »

« L’humanité doit se préparer à des changements beaucoup plus vite qu’attendu », a prévenu l’auteur principal de l’étude, Simon Willcock, de l’université de Bangor. L’écosystème amazonien pourrait ainsi basculer dès l’an prochain, selon lui et ses collègues.

Les feux de forêt devenus hors de contrôle en Amazonie ou en Australie suggèrent que de nombreux écosystèmes sont « au bord du précipice », a-t-il ajouté. « Si l’on n’agit pas rapidement, nous pourrions être sur le point de perdre une des forêts tropicales les plus vastes et les plus diversifiées, qui évolue depuis 58 millions d’années et dont dépendent des dizaines de millions de personnes », indique Alexandre Antonelli, des Jardins botaniques royaux de Kew, qui n’a pas participé à l’étude.