La climatologue Corinne Le Quéré demande une réponse équivalente au coronavirus pour le climat

ENVIRONNEMENT La présidente du Haut conseil pour le climat estime que les mesures actuelles ne sont pas « au niveau » de l’urgence climatique

20 Minutes avec AFP

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Une manifestation pour le climat à Stockholm en Suède, en septembre 2019.
Une manifestation pour le climat à Stockholm en Suède, en septembre 2019. — Jonathan NACKSTRAND / AFP

Des milliards d’euros débloqués, des réponses rapides… Face au coronavirus, « on sait faire », a constaté ce mercredi la présidente du Haut conseil pour le climat (HCC), Corinne Le Quéré, en estimant que, face à l’urgence climatique en revanche, « personne n’est au niveau ».

« La France n’atteint pas ses objectifs en matière de climat. Notre effort annuel de baisse des émissions doit tripler d’ici 2025 », a rappelé la climatologue, qui dirige l’instance indépendante mise en place par Emmanuel Macron fin 2018 pour évaluer les politiques publiques de lutte contre le réchauffement climatique.

Une « classe de cancres »

Dans un premier rapport publié en juin, le HCC a pointé du doigt les manquements de la politique du gouvernement pour remplir son objectif de neutralité carbone en 2050. « Sans pousser l’analogie trop loin, on voit bien avec l’actuelle crise sanitaire liée au coronavirus la capacité des gouvernements à agir dans l’urgence pour l’intérêt général », a souligné Corinne Le Quéré lors d’une intervention devant le Conseil économique, social et environnemental (Cese) portant sur la réponse faite par le gouvernement à ce rapport, selon le texte de son discours.

« Des plans d’actions sont développés sur la base de données scientifiques et actualisées. Une réponse rapide est coordonnée à l’international, soutenue par les individus et les entreprises. La communication est continue. Des sommes importantes sont débloquées au niveau national ou européen pour aider les entreprises à passer le cap », énumère-t-elle. « On sait donc faire. »

En revanche, face au réchauffement climatique qui menace des millions de vies et des écosystèmes entiers, « personne n’est au niveau de la crise climatique dans laquelle nous sommes entrés », juge la scientifique. « La France n’est certainement pas le plus mauvais élève au monde ni dans l’Union européenne ; mais nous parlons d’une classe de cancres », assène Corinne Le Quéré.