Mérou royal, sar à museau pointu, pageot... Les nurseries à poissons font le plein dans les ports

MEDITERRANEE Un mérou royal a notamment montré le bout de ses nageoires dans un des abris installés dans le port Canto à Cannes

Jonathan Hauvel

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Les Biohut d'Ecocean protègent les poissons durant leur croissance.
Les Biohut d'Ecocean protègent les poissons durant leur croissance. — Ecocean
  • La société montpelliéraine Ecocean a mis au point des abris à poissons.
  • Les premiers bilans sont positifs dans les Alpes-Maritimes font état de la présence de près de 200 individus dans les ports de Cannes et de Cap d’Ail.
  • 46 nouveaux modules seront installés ce jeudi au port Camille Rayon, à Golfe-Juan.

La vie des bébés poissons   n’est pas un long fleuve tranquille. En mer, seul un sur dix survit. Et lorsqu’ils sont dans un milieu artificialisé, le taux de mortalité atteint 99,9 %.

Pour sauvegarder ces petits combattants aquatiques qui grandissent dans les ports méditerranéens, la société Ecocean installe des nurseries à poissons, appelées « biohut ». Ces cages en acier remplies de coquilles d’huîtres (cages nourriture), associées à des cages vides (cages de protection), permettent aux post-larves de se mettre à l’abri des prédateurs durant leur croissance, avant de reprendre le large.

Les ports Vauban et des Croutons à Antibes, le port Canto à Cannes, ainsi que le port de Cap d'Ail, sont déjà équipés dans les Alpes-Maritimes. 46 nouveaux modules seront, quant à eux, mis à l’eau ce jeudi au port Camille Rayon, à Golfe-Juan.

Un bébé mérou royal fait son apparition à Cannes

Ce dispositif est-il vraiment efficace ? Pour le savoir, Ecocéan procède à un suivi écologique trois fois par an, durant quatre années. Au port Canto, à Cannes, 194 individus de vingt espèces différentes de faune aquatique ont été comptabilisés dans les 43 nurseries à poissons installées depuis juin 2018. Parmi eux, un bébé mérou royal de six centimètres. Une première depuis six ans dans un port méditerranéen.

Dans le détail, neuf espèces de poissons ont été aperçues, dont plusieurs ont un intérêt pour la pêche locale : le sar à museau pointu, le sar à tête noire et le pageot. Tout comme onze espèces de faune vagile -celle des animaux aquatiques qui se déplacent en rampant sur le fond-, parmi lesquelles le pétoncle et la crevette rose.

Près de 200 individus à Cap d’Ail

Dans le port de Cap d’Ail, 192 individus ont été observés la première année. Soit cinq espèces de poissons et neuf espèces de faune vagile.

Parmi elles, figurent deux espèces d’intérêt commercial : le sar à museau pointu et le crénilabre-tanche. Une bonne nouvelle pour l’économie liée à la mer. « Nous ne sommes pas en mesure de donner des chiffres précis. Mais avec les "biohut", nous repeuplons la mer. Cela est forcément intéressant pour la pêche locale et l’écotourisme », réagit Sabrina Palmieri, chargée de communication de la société montpelliéraine.

Dans la peau des petits poissons

Les biohut visent à rétablir le cycle naturel de vie des poissons
Les biohut visent à rétablir le cycle naturel de vie des poissons - Ecocean

Afin de sensibiliser les scolaires au sort des bébés poissons, Ecocean organisera un jeu grandeur nature ce jeudi. « Nous transformons les participants en poissons avec des chasubles, détaille Sabrina Palmieri. Ils doivent éviter les différents pièges (pollution, prédateurs, etc). De trente au début de la partie, ils finissent à trois, comme dans la réalité. À la fin du jeu, les enfants comprennent que le poisson qu’ils ont dans l’assiette  est un vrai guerrier. »