Lyon : De la poubelle au jardin… Ils récupèrent les biodéchets à grande échelle pour en faire du compost

ENVIRONNEMENT Depuis 2018, les Alchimistes Lyon se sont mis en tête de récupérer les biodéchets alimentaires afin de les transformer en compost, un vrai défi sur un territoire urbain

Lancelot Mésonier

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Les poubelles de bio-déchets - Alchimistes
Les poubelles de bio-déchets - Alchimistes — Lancelot Mésonier / 20 Minutes
  • Les Alchimistes Lyon sont la fusion entre les Détritivores, installés depuis 2018 à Villeurbanne, et les Alchimistes, start-up parisienne créée en 2016.
  • Ils récupèrent les biodéchets alimentaires des zones urbaines pour les transformer ensuite en compost.
  • L’année dernière, ils ont produit 30 tonnes de compost par an, mais ils ambitionnent de tripler ce chiffre le plus rapidement possible.

Depuis 1960, la production des déchets a été multipliée par deux en France. « Plus de 90 % sont incinérés ou déportés loin des villes alors qu’ils pourraient être valorisés localement ». Face à ce constat, certains ont décidé d’agir pour trouver des solutions. C’est le cas des Alchimistes  Lyon qui concentrent leur travail sur les déchets organiques. Soit 30 % de ce que l’on trouve dans les poubelles françaises.

Cette SAS collecte depuis 2018 les biodéchets de la restauration, à savoir toutes les épluchures et les restes alimentaires. Que ce soit dans les restaurants, les cantines scolaires, les hôpitaux, les restaurants d’entreprises ou auprès des traiteurs. L’objectif : éviter qu’ils ne soient incinérés ou transportés en dehors de la ville et les utiliser pour fabriquer du compost, revendu ensuite aux professionnels (agriculteurs, jardins etc.) et aux particuliers, notamment pour végétaliser la ville.

Le compost en maturation-Alchimistes
Le compost en maturation-Alchimistes - Lancelot Mésonier / 20 Minutes

Pour se faire, les Alchimistes, également présents dans d’autres villes de France (Paris, Toulon, Marseille, Toulouse…), mettent à disposition des établissements des poubelles, qu’ils viennent récupérer une à deux fois par semaine. Une fois acheminés sur leur plateforme de traitement à Villeurbanne, les déchets sont triés pour vérifier qu’il n’y a pas de résidus plastiques ou autres.

Puis ils sont broyés pour être mélangés à du broyat de bois (des chutes de bois d’élagage). « On entrepose le tout dans des cellules (des grands réservoirs en bois) et on laisse la nature faire son travail », explique Andréa Ferry, responsable de développement des Alchimistes Lyon. Soit quatre mois d’attente en moyenne.

Caluire et Villeurbanne très impliquées

Mais lancer un tel projet sur un territoire urbain n’était pas gagné d’avance. « Sur le principe, beaucoup de gens sont d’accord pour réutiliser les déchets. Mais quand on vous dit qu’ils seront stockés à côté de chez vous, ce n’est pas pareil », souligne Andréa Ferry. La peur des odeurs nauséabondes qui pourraient émaner des stocks ou encore la présence de nuisibles comme les rats faisaient partie des craintes soulevées.

« Il n’en fut rien. On a dû voir un rat depuis deux ans et pour les odeurs, c’est sûr que si vous mettez le nez dans la poubelle ça va sentir mauvais. Mais il n’y a pas d’effluves constants et gênants », rassure-t-elle, précisant que les villes de Caluire, où toutes les écoles de la commune font appel à la start-up, et Villeurbanne, sont aujourd’hui des « partenaires préférentiels ».

Les Alchimistes, qui collectent 180 tonnes de biodéchets par an et réalisent 30 tonnes de compost, recherchent activement un nouveau lieu de stockage pour pouvoir augmenter leur activité. Et récupérer jusqu’à 700 tonnes de déchets. « L’enjeu est de tripler notre activité le plus rapidement possible », conclut Andréa Ferry.