Bretagne : Des habitants mobilisés contre l’agrandissement d’une « usine à veaux »

AGRICULTURE Une centaine de personnes a manifesté à Guipry-Messac samedi contre un projet d’agrandissement de ferme travaillant pour la Cooperl

Camille Allain

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Illustration d'un veau dans une ferme, ici en Savoie.
Illustration d'un veau dans une ferme, ici en Savoie. — J. C. Tardivon / SIPA

« Nous nous opposons à ce projet et au modèle agricole qu’il induit, qui participe pleinement à l’industrialisation de l’agriculture. Une agriculture sans paysans, toujours plus destructrice de l’environnement pour le seul bénéfice de grands groupes industriels ». Les mots sont forts mais mûrement choisis. Samedi, une centaine de personnes a manifesté à Guipry-Messac ( Ille-et-Vilaine) contre le projet d’agrandissement d’une ferme élevant des veaux. Portée par la Cooperl, mastodonte breton de l’élevage, l’extension prévoit de passer à 800 veaux, contre 200 actuellement.

Depuis près de deux ans, des riverains s’opposent à ce projet d’agrandissement, craignant les nuisances quotidiennes de cette « usine à veaux ». La demande d’extension a bien été validée par la préfecture d’Ille-et-Vilaine. Mais pas par les élus du conseil municipal, dont l’avis n’est que consultatif. D’après le collectif d’opposants La Puce, le maire de la commune aurait intenté un recours contre la décision de la préfecture, notamment en raison de la présence d’une fosse à lisier tout près d’une habitation. La décision du tribunal administratif n’a pas encore été rendue.

Dans leur combat, les riverains ont reçu le soutien du syndicat agricole Confédération paysanne. Selon lui, ce projet d’agrandissement « marque une nouvelle étape dans la perte d’autonomie des paysans » et penche vers « toujours plus d’industrialisation de l’agriculture pour toujours moins de revenus et de paysans ».

Un projet abandonné dans la commune

Dans la commune, la mobilisation de riverains et du collectif La Puce avait déjà mené à l'abandon d'un projet de parc d'attractions baptisé Avalonys et qui devait mettre à l’honneur les légendes arthuriennes. Un autre site a finalement été retenu.