Hautes-Alpes : Le président du conseil départemental offre une queue de loup à la préfète

POLEMIQUE L’association pro-loup Ferus demande l'ouverture d'une enquête pour savoir comment le président du conseil départemental des Hautes-Alpes Jean-Marie Bernard a pu se procurer une queue de loup

J.S.-M.

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Un loup dans le parc du Mercantour, en novembre 2012 (illustration).
Un loup dans le parc du Mercantour, en novembre 2012 (illustration). — V. Hache / AFP

« Nous sommes choqués qu’un élu de la République puisse faire ça » : Jean-François Darmstaedter, président de l’association pro-loup Ferus, a envoyé ce mercredi un courrier au procureur de la République de Gap pour lui demander d’ouvrir une enquête. La raison : le président du conseil départemental des Hautes-Alpes a offert une queue de loup à la préfète du département.

Vendredi dernier, lors de la cérémonie de départ de Cécile Bigot-Dekeyzer, Jean-Marie Bernard (Les Républicains) a offert une queue de loup à la représentante de l’Etat. « Je voulais lui faire ce clin d’œil pour marquer que dans le premier département où elle a exercé cette fonction (de préfète), ça a été un problème important pour elle », a indiqué l’élu au média local D!CI. « Elle s’est beaucoup intéressée à ça mais le loup va rester même après son départ », a aussi déclaré Jean-Marie Bernard.

Comment s’est-il procuré cette queue de loup ? A-t-elle été prélevée sur un loup braconné ? L’élu local n’a pas répondu aux sollicitations de 20 Minutes, ce mercredi. « Je ne reviens même pas sur la question éthique, mais seulement sur l’aspect légal : il est absolument interdit d’utiliser ou même de transporter ne serait-ce qu’une partie d’un animal protégé », peste Jean-François Darmstaedter auprès de 20 Minutes.

Le Code de l'environnement indique effectivement que « le transport », la « détention » ou la « naturalisation » d’animaux protégés sont interdits. Le loup appartient à cette catégorie, même si des tirs de prélèvement sont autorisés par l’Etat, dans des conditions très strictes.