Colombie : Le gouvernement veut traquer les narcotrafiquants dans les parcs naturels

DÉFORESTATION Selon le gouvernement, les anciens guérilleros utilisent les paysans « pour commettre ce massacre contre la nature »

20 Minutes avec agences

— 

Des plantations de coca à Pueblo Nuevo en Colombie le 10 juillet 2016
Des plantations de coca à Pueblo Nuevo en Colombie le 10 juillet 2016 — RAUL ARBOLEDA AFP

La Colombie a annoncé ce lundi une offensive militaire contre le narcotrafic dans les parcs naturels. Selon le gouvernement, des groupes armés y seraient à l’origine de feux de forêts pour déboiser et installer des narco-plantations.

« La force publique ne va pas se retirer des parcs nationaux naturels où les criminels prétendent se fixer », a déclaré le ministre de la Défense lors d’une conférence de presse. « Nous allons durcir l’offensive militaire pour les extirper de leurs tanières. »

« Ils veulent détruire les forêts et empoisonner les rivières »

Selon le ministre, les ex-guérilleros qui ont rejeté l’accord de paix de 2016 auraient provoqué mi-février un incendie qui a détruit 700 hectares dans le Parc national naturel de la Sierra de la Macarena, ancien fief des Farc. Les dissidents utiliseraient les paysans « pour commettre ce massacre contre la nature ».

Ce sont « des délinquants qui veulent détruire les forêts et empoisonner les rivières pour planter de la coca », a dénoncé le ministre, précisant qu’une force spéciale environnementale serait créée pour défendre les ressources naturelles colombiennes. En 2019, le gouvernement a lancé l’opération Artemisa contre la déforestation, après la destruction de plus de 197.000 hectares de forêts, majoritairement en Amazonie.

Outre l’abattage inconsidéré des arbres pour l’agriculture, l’exploitation minière illégale et les plantations de coca menacent la nature. Près de 5 % des 169.000 hectares de narco-plantations répertoriés en 2018 se trouvaient dans des zones protégées de Colombie. L’ancien directeur des Parcs nationaux naturels a déclaré que d’anciens guérilleros avaient menacé des responsables de cet organisme pour les pousser à quitter les réserves.