Virus de la tomate : Un risque important de propagation par les jardiniers selon l’Anses

AGRICULTURE Sans danger pour l’homme, le virus ToBRFV a été détecté la semaine dernière dans une exploitation du Finistère

J.G. avec AFP

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Illustration d'un plant de tomates dans une exploitation agricole.
Illustration d'un plant de tomates dans une exploitation agricole. — Alain Jocard / AFP

Le ToBRFV, le virus tueur de tomates, n’est pour l’instant cantonné qu’à deux serres dans une exploitation agricole du Finistère. Mais les jardiniers du dimanche et leurs potagers représentent un risque important de propagation du virus, a souligné ce lundi l’agence de sécurité sanitaire Anses, faisant craindre un grave risque économique pour les producteurs français.

« La difficulté, c’est qu’aujourd’hui à peu près 50 % des plants en France sont commercialisés vers le grand public, vers les jardins potagers et là, comme c’est un virus très résistant dans l’environnement, il peut passer d’un plant à l’autre par le fruit, par les feuilles, par les outils et donc contaminer de jardin en jardin », a déclaré Roger Genet, directeur général de l’Anses, lors d’un point de presse au salon de l'agriculture.

« On peut avoir une vraie situation épidémique difficile à réguler, et c’est évidemment très difficile d’aller décontaminer les jardins et les outils des gens, donc on est extrêmement vigilant sur ces introductions et, quand il y a un point d’infection, à remonter à la source pour pouvoir circonscrire », a-t-il ajouté.

Le risque d’acheter des plants contaminés « pas écarté »

Selon l’agence, le tomato-virus peut infecter jusqu’à 100 % des plantes sur un site de production, ce qui le rend redoutable pour les cultures à haute densité de plantation comme les cultures sous serre. En revanche, il n’a pas d’impact sur l’homme. Selon Roger Genet, le risque pour un jardinier d’acheter des plants ou des semences contaminés n’est à l’heure actuelle « potentiellement pas écarté ».

« Les mesures d’urgence qui ont été décidées au niveau européen datent seulement de novembre dernier, donc forcément tous les matériaux végétaux qui ont été l’objet de flux commerciaux avant la mise en place de ces mesures d’urgence n’ont pas été ciblés par les contrôles systématiques qui désormais sont mis en place », a précisé Philippe Reignault, directeur de la santé des végétaux de l’Anses.