Neige par hélico dans les Pyrénées : Et maintenant, on fait quoi pour sauver les stations de ski ?

CLIMAT Après « l’hélicogate » dans les Pyrénées, la ministre de l’Ecologie a entamé vendredi un dialogue avec les élus de montagnes. Elle promet un plan d’aide d’ici six mois pour accélérer la « transition » des stations menacées

Hélène Ménal
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La fameuse livraison de neige par hélicoptère dans la station de ski de Superbagnères le 15 février 2020.
La fameuse livraison de neige par hélicoptère dans la station de ski de Superbagnères le 15 février 2020. — Anne-Christine Poujoulat - AFP
  • L’image de l’hélicoptère déplaçant de la neige dans la station de ski pyrénéenne de Superbagnères a frappé les esprits.
  • Elisabeth Borne a réuni ce vendredi des élus de montagne au ministère de la Transition écologique.
  • Elle promet la mise au point d’un plan d’aide d’ici six mois. Le président du conseil départemental de la Haute-Garonne s’attendait à plus concret.

« Fallait-il que des gens perdent leur emploi dans le Luchonnais ? ». Georges Méric, le président du conseil départemental de la Haute-Garonne, est dans la tourmente depuis qu’il a autorisé le 15 février deux vols d’hélicoptère pour déplacer de la neige du haut de la station de Superbagnères vers la piste Piou Piou toute pelée. Il comprend l’effet dévastateur « d’une image » mais assume sa décision qui ce vendredi lui a valu un coup de semonce par  Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique et solidaire, en colère contre « l’hélicogate ».

Une « convocation », donc, a-t-on expliqué en haut lieu. « Un rendez-vous » pour l’élu local, pas vraiment enclin « à recevoir des leçons » mais impatient « de pouvoir poser des questions ». Car cette polémique d’un week-end sur fond de réchauffement climatique pose des questions graves sur le devenir des territoires de montagne.

« Je ne suis pas dans un ministère à Paris, je vais tous les jours sur le terrain et je connais la misère. L’urgence sociale, il faut la considérer, parce qu’il y a des gens derrière », s’énerve Georges Méric. Sa collectivité vient de « reprendre » trois stations pyrénéennes. Frappées de plein fouet par la douceur hivernale, deux – Le mourtis et Bourg d’Oeuil – n’ont carrément pas ouvert, et les recettes totales ont fondu de 85 %.

Luge sur rail et tyrolienne géante

Alors, cette réunion a-t-elle permis d’avancer sur la reconversion « aux quatre saisons », puisque c’est désormais l’expression consacrée, des stations de ski menacées ? Elisabeth Borne a promis « sous six mois une offre complète d’accompagnement des stations pour à la fois encourager leurs pratiques vertueuses en termes d’environnement et les aider à s’adapter ». Elle s’est aussi félicitée « que les représentants des professionnels et élus des stations de montagne aient clairement indiqué que les pratiques d’enneigement par hélicoptère n’avaient pas vocation à être renouvelées ». A l’heure où les scientifiques prédisent​ que les Pyrénées de moyenne altitude vont perdre la moitié de leur manteau neigeux d’ici 2050, la ministre a décidé « d’accélérer la transition ».

Un entretien qualifié de « constructif » dans un communiqué par les acteurs de France Montagnes (qui rassemble élus et exploitants). « Il a surtout permis d’aborder les dossiers d’avenir pour préserver nos territoires, victimes du réchauffement climatique », soulignent-ils.

Mais Georges Méric est sorti extrêmement déçu. « Nous avons assisté aujourd’hui à une réunion de pure forme, assurait-il ce vendredi soir. Je regrette que rien de concret n’ait été présenté par Madame la Ministre concernant l’accompagnement des stations. »

Entre la construction d’une tyrolienne géante à Superbagnères ou celle d’une luge sur rail au Mourtis, la Haute-Garonne se donne cinq ans pour sortir ses stations du « tout ski » en investissant 25 millions d’euros. Faut-il aller encore plus vite pour éviter la catastrophe ? « Si tout meurt, il faudra dix ans pour remonter la pente », prédit celui qui aurait ouvertement préféré une annonce de subventions à une remontée de bretelles.