VIDEO. Dordogne : L214 diffuse une nouvelle vidéo choc tournée dans un abattoir de veaux et demande sa fermeture

SOUFFRANCE ANIMALE L214 diffuse ce jeudi des images tournées dans un abattoir de veaux en Dordogne à la fin de l’année 2019. L’association y pointe plusieurs infractions à la réglementation en vigueur

Elsa Provenzano

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Dordogne : L214 diffuse une nouvelle vidéo choc tournée dans un abattoir de veaux — 20 Minutes
  • L’association L214 diffuse une nouvelle vidéo tournée dans un abattoir de Dordogne où l’on voit des veaux reprendre conscience après avoir été théoriquement étourdis.
  • Elle demande la fermeture administrative d’urgence de l’établissement et porte plainte contre l’abattoir pour sévices graves envers des animaux.

Les nouvelles vidéos sur la souffrance animale de l’association L214, diffusées ce jeudi, ont été tournées entre novembre et décembre 2019 chez  Sobeval, l’un des plus gros abattoirs de veaux de France, situé à Boulazac en Dordogne. Sur cette installation, détenue par le groupe hollandais Van Drie, leader mondial de la viande de veaux, 700 bêtes sont abattues par jour.

« Cette fois dans cet abattoir moderne on s’attendait à ce que les choses soient plus carrées mais pas du tout… relève Sébastien Arsac, porte-parole de l’association L214. Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, avait fait fermer l'abattoir de Boischaut, situé dans l’Indre, et cette fois-ci on peut dire que la situation est encore pire ». L’association demande la fermeture administrative de l’établissement en urgence et a porté plainte contre l’abattoir pour sévices graves envers des animaux. « On va remettre six heures de vidéo à la justice », précise le porte-parole.

Des infractions à la réglementation

Sur les images, difficiles à visionner, on voit ce que l’association estime être des infractions à la réglementation : des bêtes qui reprennent conscience après avoir été théoriquement étourdies, des veaux qui régurgitent sur la chaîne d’abattage ou encore des signes de conscience après des abattages rituels.

Ce sont des collectifs de riverains opposés à l’installation d’élevages intensifs chez eux qui sont rentrés en contact avec l’association et l’ont orientée vers cet abattoir dans lequel ont eu lieu sept journées de tournage. C’est la première fois que L214 visite les installations de Van Drie, poids lourd du secteur de la viande de veau.

« Dans la réglementation, on trouve un principe d’étourdissement avec une dérogation pour les abattages rituels (viande halal et casher exportée respectivement en Egypte et en Israël) mais les animaux doivent alors être placés dans un tonneau d’immobilisation jusqu’à perte de conscience, précise Sébastien Arsac. Et avant de les relâcher il faut s’assurer de leur insensibilité (en contrôlant le réflexe cornéen, les relevés de tête etc.). »

Mais pour l’association de protection animale les infractions concernent tous les types d’abattages, celui avec étourdissement préalable ne respectant pas non plus les procédures. Pour utiliser le pistolet pneumatique à tige perforante qui étourdit la bête, sa tête doit être maintenue pour que l’employé de l’abattoir vise un endroit précis. « Mais les mentonnières ne sont jamais mises, les coups ne sont pas portés là où il faudrait et la souffrance est là tout le temps… », soupire le porte-parole de L214.

Les veaux abattus dans cette structure sont commercialisés sous plusieurs signes de qualité (Label Rouge, bio, Saveurs du Périgord etc.) pour lesquels il n’y a aucune obligation pour les règles d’abattage.

« L’association L214 remet en cause la consommation de viande mais c’est une question éthique, philosophique qui renvoie chaque consommateur à sa responsabilité, conclut Sébastien Arsac. On souhaite au moins le respect de la réglementation afin de prévenir les souffrances évitables ».

Contacté par 20 Minutes, l’abattoir Sobeval n’a pas souhaité faire de commentaires.