Occitanie : Les Corbières-Fenouillèdes, un nouveau parc naturel régional pour protéger la biodiversité (notamment)

PROJET L'Etat a promis au parc, prévu entre l'Aude et les Pyrénées-Orientales, la précieuse classification de « parc naturel régional »

Nicolas Bonzom

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Quillan, dans l'Aude, fait partie des 106 communes qui composent le futur parc Corbières-Fenouillèdes
Quillan, dans l'Aude, fait partie des 106 communes qui composent le futur parc Corbières-Fenouillèdes — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Depuis dix ans, un projet de « parc naturel régional » est dans les cartons dans les Corbières-Fenouillèdes, entre l'Aude et les Pyrénées-Orientales.
  • De mars à juillet, les collectivités devront s'exprimer sur ce dossier.
  • Le parc n'a pas seulement vocation à agir sur la conservation de la biodiversité, mais aussi sur le développement du tourisme, de l'économie ou de l'agriculture.

Et si, demain, on partait en week-end dans les Corbières-Fenouillèdes, comme on part en Camargue ou dans les Cévennes ? Depuis dix ans, un projet de parc naturel est dans les cartons, dans ce territoire très rural, à cheval entre l'Aude et les Pyrénées-Orientales, sur 1.840 km2, en Occitanie  (la carte, ici). Le 12 février dernier, l’Etat a promis aux Corbières-Fenouillèdes la précieuse classification de « parc naturel régional ». Un peu précipitamment. Car le projet n’est pas encore tout à fait bouclé.

« Nous sommes à la fin de la procédure, indique à 20 Minutes Clothilde Duhayon, directrice du syndicat mixte qui porte le dossier des Corbières-Fenouillèdes. Nous venons de passer l’enquête publique, nous attendons désormais les retours des commissaires enquêteurs, que l’on espère favorables. Ce sera ensuite aux collectivités, les communes, les intercommunalités, les départements, et la région, de se prononcer pour ou contre le projet de parc. Cela va durer quatre mois, entre mars et juillet. En fonction, ce sera à l’État de prendre ou pas la décision de ce classement. »

« Appuyer les collectivités et les citoyens pour mener des projets »

Et si la biodiversité de ce territoire, où l’aigle royal est un peu chez lui, sera bien évidemment au cœur du projet, le champ d’action du parc des Corbières-Fenouillèdes devrait être bien plus large. « La richesse de notre patrimoine environnemental est notre atout premier, reprend la cheffe de projet. Mais l’idée est d’agir aussi sur la culture, l’agriculture, l’économie, le tourisme. L’objectif est de créer une dynamique, rendre le territoire plus visible, d’appuyer les collectivités et les citoyens pour mener des projets. »

Le futur parc des Corbières-Fenouillèdes n’a rien d’une couche supplémentaire sur un mille-feuille, promet Clothilde Duhayon : « C’est un outil complémentaire, pour offrir un coup de pouce au territoire. Pour monter des dossiers, aller chercher des financements. »

« Nous n’allons pas relancer l’économie industrielle de l’usine Formica »

Les Corbières-Fenouillèdes pourront, par exemple, s’attacher à développer le tourisme, préserver les nombreux châteaux cathares, encadrer le développement de l’éolien, qui s’est fait beaucoup d’ennemis dans le secteur, ou tenter de booster l’économie locale. Dans la Haute-Vallée de l’Aude, par exemple, la région est sinistrée, depuis la fermeture de nombreuses usines. Il y a 40 ans, dans ce territoire entre Carcassonne et les Pyrénées, on fabriquait des chaussures ou des chapeaux. Et l’usine Formica, qui tournait à plein régime, inondait les cuisines de ses meubles en bois ultra-tendance.

« Nous n’allons pas relancer l’économie industrielle de l’usine Formica, prévient Clothilde Duhayon. Mais nous pourrons imaginer de nouvelles formes de développement économique, avec l’artisanat, ou le "tourisme vert", pour faire en sorte que ces territoires sinistrés sortent un peu la tête de l’eau. Nous pourrons, aussi, nous pencher sur le devenir des usines à l’abandon. » « C’est aussi une façon de rebooster une économie qui s’est affaissée », reprend Hervé Baro (PS), président du syndicat du parc et vice-président du département de l’Aude.