Où en est le projet de la Montagne d’or, qu’Emmanuel Macron dit « arrêté » ?

FAKE OFF L'Etat joue la montre dans le dossier

Mathilde Cousin

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Une affiche déployée lors d'un rassemblement hostile au projet Montagne d'Or, le 16 juin 2018 à Cayenne.
Une affiche déployée lors d'un rassemblement hostile au projet Montagne d'Or, le 16 juin 2018 à Cayenne. — NICOLAS QUENDEZ/SIPA
  • Un vaste projet d’exploitation minière, dénommé Montagne d’or, devait voir le jour en Guyane.
  • Le projet a suscité une forte opposition locale. Initialement favorable, Emmanuel Macron a redit jeudi son opposition au projet.
  • La bataille se joue sur le plan juridique.

Un projet « arrêté ». Emmanuel Macron a réitéré, jeudi, sa volonté de voir le projet de mine industrielle Montagne d’or relégué aux oubliettes. « Depuis deux ans, j’assume d’avoir pris des choix qui, je le sais, parfois, ont pu contrarier, ont été contre des projets qui étaient en cours depuis longtemps, mais parce qu’ils n’étaient pas conformes à cet agenda [ écologique]», a-t-il lancé à l’occasion du lancement de l’office français de la biodiversité. «L’arrêt du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, de la mine de la Montagne d’or en Guyane ou du projet Europacity, c’est l’arrêt de trois projets emblématiques. »

Emmanuel Macron, favorable initialement au projet, renouvelait un engagement qu’il avait déjà formulé.

FAKE OFF

Vaste projet d’exploitation minière situé en partie dans la forêt équatoriale, au sud Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane, le projet suscite une levée de boucliers depuis sa présentation. Porté par un consortium russo-canadien, les entreprises Nordgold et Colombus Gold, il devrait créer 750 emplois directs, dans un territoire où le taux de chômage s’élevait à 19 % en 2018, d'après l’Insee.

Dans ce dossier, les enjeux sont doubles : le projet d’exploitation minière et le renouvellement de la concession, lié à un titre minier. Si le projet d’exploitation est pour l’instant au point mort, les associations opposées au projet suivent avec attention le renouvellement de la concession.

« Le titre minier est arrivé à échéance le 31 décembre 2018, rappelle Manouchka Ponce, coordinatrice de Guyane nature environnement. La Compagnie minière Montagne d’or a déposé une demande de renouvellement. » L’Etat semble jouer la montre sur ce point. Les autorités n’ont toujours pas donné suite à cette demande.

Le 16 octobre dernier, la commission des mines en Guyane [où siège Guyane nature environnement] a retiré de son ordre du jour l’examen de ce renouvellement. La préfecture du département indique à 20 Minutes ne pas disposer « de nouvel élément sur l’examen de demande de prolongation de la concession », « la position du Gouvernement restant invariante quant au projet Montagne d’Or ». « En refusant le renouvellement du titre, on met fin à Montagne d’or », analyse Manouchka Ponce.

Pourquoi ce silence des autorités ? « Le silence gardé pendant deux ans vaut refus », souligne Marine Calmet, juriste et porte-parole du collectif Or de question, opposé au projet Montagne d’or. La situation pourrait évoluer cette année : selon le média local Guyaweb​, la compagnie minière a déposé un recours devant le tribunal administratif. Si la demande est accordée, elle sera valable pour 25 ans. Avec cette action en justice, le collectif craint « de voir une prolongation accordée rétroactivement ». Une décision qui redonnerait un nouveau souffle au projet. Sollicitée par 20 Minutes à ce sujet, la compagnie minière n’a pas donné à nos demandes.

Une affiche déployée lors d'un rassemblement hostile au projet Montagne d'Or, le 16 juin 2018 à Cayenne.
Une affiche déployée lors d'un rassemblement hostile au projet Montagne d'Or, le 16 juin 2018 à Cayenne. - NICOLAS QUENDEZ/SIPA

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