Pyrénées : Les stations de ski en manque de neige doivent se renouveler avec le réchauffement climatique

CLIMAT Alors que les vacances scolaires ont démarré, des stations de ski n’ont pu ouvrir leurs domaines. Toutes réfléchissent désormais à diversifier leurs activités pour faire face au réchauffement climatique

20 Minutes avec AFP

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Le mardi 11 février 2020, sur la plateau de Bonascre, à la station d'Ax-3-Domaines, en Ariège.
Le mardi 11 février 2020, sur la plateau de Bonascre, à la station d'Ax-3-Domaines, en Ariège. — T. Stival / 20 Minutes
  • Plusieurs stations des Pyrénées doivent faire face, cet hiver, à un manque de neige.
  • Certains d’entre elles travaillent désormais à diversifier leurs activités pour être en mode « quatre saisons ».

Les adeptes du ski doivent éviter les cailloux qui dépassent sur certaines pistes des stations des Pyrénées. En cette première semaine de vacances d’hiver, des domaines n'ont pas pu ouvrir faute de neige et les autres font tourner leur canon à neige artificielle.

Le réchauffement climatique n’épargne pas le massif cette année et oblige les stations de sports d’hiver à repenser leur modèle, longtemps basé exclusivement sur la pratique du ski. Désormais, elles doivent penser en mode « quatre saisons » et proposer des activités de plus en plus diversifiées.

En Haute-Garonne, à la station du Mourtis, le télésiège transporte aujourd’hui des randonneurs plutôt que des skieurs. D’autres activités sont proposées aux vacanciers pour animer leur séjour, que ce soit du stretching ou même une initiation à la recherche de victimes en avalanche.

Le conseil départemental de Haute-Garonne, qui a repris il y a deux ans la gestion de trois stations a annoncé 25 millions d’euros d’investissement sur les cinq prochaines années pour assurer cette reconversion touristique.

Car les climatologues ne s’en cachent pas : au cours des prochaines années, la limite pluie-neige ne va cesser de remonter, et les stations de moyenne montagne auront de plus en plus de mal en termes d’enneigement.

« On le voit aujourd’hui, la neige va se raréfier en basse altitude, il est évident que nos stations doivent se réformer », assure le président du département, Georges Méric.

« Il faut commencer à se préparer et à être très réactif à ces aléas climatiques qui peuvent se reproduire », explique Christophe Esparseil, le directeur d’exploitation de la station. « On a commencé à travailler sur des projets dits "quatre saisons", pour pouvoir accueillir une clientèle autour des sports de pleine nature en cas de saison moins enneigée », précise-t-il.

Impact économique

« Neige ou pas neige, les clients attendent maintenant d’autres activités que le ski », relève aussi Laurent Garcia, le directeur de la station Peyragudes, à cheval entre les Hautes-Pyrénées et la Haute-Garonne. Même si l’équilibre financier n’est pas encore trouvé avec ces nouvelles activités. « Le remplaçant du ski en termes de volume d’affaires, on le cherche encore », explique Eric Charré, le directeur de Puymorens, dans les Pyrénées-Orientales.

« Pour l’heure, le ski représente 80 % du chiffre d’affaires de l’année », confirme Michel Pelieu, le président de N’Py, qui regroupe huit stations du massif. « Mais progressivement, l’offre "quatre saisons" va en s’amplifiant parce que c’est vrai, qu’aujourd’hui, on a du monde tout le long de l’année ».