Le chef de la diplomatie de l’UE présente ses excuses après avoir épinglé le « syndrome Greta »

MEA CULPA Lors d'un débat au Parlement européen, Josep Borrell avait mis en doute le sérieux de l'engagement des jeunes manifestants mobilisés contre le changement climatique

20 Minutes avec AFP

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Joseph Borrel, à Téhéran, le 3 février 2020.
Joseph Borrel, à Téhéran, le 3 février 2020. — Vahid Salemi/AP/SIPA

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a présenté des excuses samedi après les remous suscités par sa critique d’un « syndrome Greta » à propos de l’engagement des jeunes manifestants contre le changement climatique. « Je veux présenter mes excuses à tous ceux qui ont pu se sentir offensés par ma référence déplacée à l’important mouvement des jeunes qui luttent contre le changement climatique », a tweeté l’Espagnol.

Lors d’un débat mercredi au Parlement européen, Josep Borrell, 72 ans, avait mis en doute le sérieux de l’engagement des jeunes manifestants mobilisés autour de Greta Thunberg, suggérant qu’ils ne réalisaient pas le coût des mesures nécessaires pour stopper le réchauffement. Evoquant un « syndrome Greta », il avait indiqué : « c’est très bien de sortir manifester contre le changement climatique tant qu’on ne te demande pas de contribuer au coût ». « J’aimerais savoir si ces jeunes (…) sont conscients de ce que ces mesures vont leur coûter », avait-il interrogé.

« Complètement ridicule »

Le groupe des eurodéputés Verts, qui a diffusé l’extrait vidéo controversé, avait jugé les commentaires « inacceptables de la part d’un représentant de l’UE ». La lutte contre le changement climatique est une priorité de la Commission d'Ursula von der Leyen, engagée dans la mise en œuvre d’un « Pacte vert » visant à la neutralité carbone de l’UE d’ici 2050.

Anuna De Wever, figure de proue de la mobilisation des lycéens et étudiants en Belgique, avait jugé vendredi lors d’une manifestation à Bruxelles « complètement ridicule » qu’un responsable européen puisse mettre en avant cette question du coût. « Tous les scientifiques disent que si l’on ne fait rien, cela nous coûtera vraiment beaucoup plus cher », avait affirmé la jeune femme de 18 ans.