Ryanair épinglé pour des publicités trompeuses sur ses émissions de CO2

IMPACT « Déçu » par le retrait de ses publicités, Ryanair maintient qu’il est le transporteur aérien « le plus vert » d’Europe

20 Minutes avec AFP

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Image d'illustration d'un avion Ryanair.
Image d'illustration d'un avion Ryanair. — Alberto PIZZOLI / AFP

Dans des spots publicitaires diffusés en septembre 2019, Ryanair se vantait d’être la compagnie aérienne ayant les plus faibles émissions de CO2 en Europe « parmi les grandes compagnies aériennes ». Une campagne de publicité condamnée par l’autorité britannique de régulation de la publicité (ASA), qui a annoncé ce mercredi avoir interdit ces publicités diffusées par le transporteur à bas coût.

Le régulateur du secteur a estimé que le groupe irlandais avait induit en erreur les consommateurs, jugeant qu’il était difficile de définir ce qu’est une « grande compagnie aérienne » et que les consommateurs pourraient avoir l’impression de moins contribuer aux émissions carbone, ce qui ne peut pas être prouvé. Ces « publicités (…) ne doivent pas apparaître une nouvelle fois sous leurs formes actuelles », a exigé le régulateur, qui demande à Ryanair d’apporter « les preuves nécessaires » pour être en mesure de faire de telles promesses sur l’environnement.

Une compensation carbone jugée peu efficace

Dans un communiqué, Ryanair s’est dit « déçu et surpris » par la décision, et assure qu’il est le transporteur aérien « le plus vert » en Europe. Selon ses chiffres, il émet 66 grammes de CO2 par passager et par kilomètre, soit une pollution 25 % inférieure aux autres grandes compagnies, toujours selon lui. « Nous avons déployé ce message publicitaire avec succès dans dix pays en Europe », avance le groupe, qui reconnaît « avoir fait des ajustements mineurs sur le marché britannique à la demande des autorités compétentes ».

Selon son site Internet, Ryanair s’est engagé à réduire ses émissions de CO2 sous 60 grammes d’ici 2030 et dit suivre les objectifs fixés par l’Association internationale du transport aérien (Iata) de les abaisser de 50 % en 2050 par rapport au niveau de 2005. Le groupe propose en outre depuis 2018 à ses clients de compenser l’impact sur l’environnement de leur voyage en versant une somme supplémentaire en plus du prix du billet pour financer des projets verts. Ryanair a levé jusqu’à présent 2,5 millions d’euros grâce à cette initiative.

Cela n’a pas empêché la compagnie d’avoir été classée parmi les dix entreprises les plus polluantes d’Europe, selon des chiffres d’avril 2019 publié par l’ONG Transport & Environnement. En revanche, une récente étude de l’association britannique de consommateurs Which ? avait constaté que les vols de Ryanair figuraient parmi les moins polluants sur un échantillon de destination. « Toutefois, nous avons aussi observé que les mécanismes de compensation carbone proposés par Ryanair font peu ou rien pour réduire les émissions », signale Rory Boland, un responsable de Which ?.