Haut-Rhin : Des blaireaux victimes d’un « massacre » lors d’une expédition de chasse, selon des associations de défense des animaux

ANIMAUX Huit blaireaux ont été déterrés à Courtevon, dans le Haut-Rhin, selon une ancienne méthode de chasse jugée « barbare » par des associations de défense des animaux

Nils Wilcke

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Un blaireau (Illustration)
Un blaireau (Illustration) — Pixabay
  • Huit blaireaux ont été déterrés à Courtevon, dans le Haut-Rhin, selon une ancienne méthode de chasse jugée « barbare » par des associations de défense des animaux.
  • La LPO et le Groupe d’étude et de protection des mammifères (Gepma) s’indignent dans un communiqué et évoquent un « massacre ».
  • Le président de la fédération des chasseurs du Haut-Rhin, Gilles Kaszuk, reconnaît qu’il s’agit d’une « pratique cruelle » mais « réglementaire » dans le Haut-Rhin.

Des blaireaux victimes d’un « massacre » lors d’une expédition de chasse ? En Alsace, la LPO et le Groupe d’étude et de protection des mammifères (Gepma) s’indignent dans un communiqué une pratique de chasse jugée « barbare », le déterrage des blaireaux ou vénerie souterraine.

Une technique qui consiste à « déterrer de force les blaireaux auparavant “harponnés” par des chiens de chasse puis à les retirer vivants hors de leur terrier avec de grosses pinces métalliques avant de les tuer », explique à 20 Minutes la LPO. La pratique, tombée en désuétude dans la région, serait toujours pratiquée dans le Haut-Rhin.

Un groupe de chasseurs pose fièrement

La preuve avec un article paru dans le numéro de décembre de la revue La Chasse en Alsace, un magazine mis en avant par la fédération des chasseurs du Haut-Rhin sur son site Internet. On peut observer un groupe de chasseurs entouré d’enfants poser fièrement devant les cadavres de huit blaireaux déterrés à Courtavon, une commune située à l’extrême sud du département.

A la suite de cette publication, la LPO et le Gepma ont écrit aux élus de Courtavon et des communes voisines « pour dénoncer cette activité barbare et demander aux propriétaires des parcelles sur lesquelles se trouve un terrier de blaireau de refuser ces méthodes ». Le courrier est resté « sans réponse à ce jour », précise la LPO.

« Une pratique cruelle »

Sollicité, le président de la fédération des chasseurs du Haut-Rhin, Gilles Kaszuk, reconnaît qu’il s’agit d’une « pratique cruelle » mais « réglementaire » dans le Haut-Rhin. Ce n’est plus le cas dans le Bas-Rhin, qui a l’a retiré des espèces gibiers en 2005. Faut-il pour autant cautionner ce type de pratiques ? « Le blaireau n’est pas inoffensif, selon Gilles Kaszuk, c’est une bête qui cause du dégât, les agriculteurs font souvent appel aux chasseurs pour s’en débarrasser ».

Les associations de défense des animaux maintiennent que ces animaux sont « totalement inoffensifs ». La LPO a mis en place un service d’aide pour les particuliers confrontés à un terrier qui pourraient entraver leurs activités. Le président de la fédération des chasseurs du Haut-Rhin voudrait que le tir du blaireau, autorisé dès le 23 août, soit avancé de deux mois, pour « permettre aux chasseurs de s’en occuper ».