Nord : Le retour du castor dans le département est un bon signe pour la biodiversité

NATURE Des traces de ce rongeur disparu depuis plus d’un siècle ont été observées à deux endroits du département

Mikaël Libert

— 

Le castor fait timidement son retour dans le Nord.
Le castor fait timidement son retour dans le Nord. — SUPERSTOCK / SIPA
  • Des traces de la présence de castors ont été découvertes dans le Nord. Les observations ont été faites près de Lille et dans l’Avesnois.
  • L’animal arriverait de Belgique où il a été réintroduit il y a une dizaine d’années.

Bonne nouvelle pour la nature. La préfecture a confirmé, fin janvier, que le castor d’Europe avait fait son retour dans le département du Nord. Deux organismes différents ont observé des traces de la présence du rongeur dans la métropole lilloise et dans l’Avesnois. Pour le bureau d’études Rainette, il s’agit d’un signe positif sur l’état de la biodiversité.

Il y a quelques siècles, croiser une famille de castors sur les berges d’une rivière n’était pas chose rare, même dans le Nord. L’animal était encore très présent partout en France jusqu’au XVIIe siècle où il a commencé à être massivement chassé, notamment pour sa fourrure. Au début du XXe siècle, l’espèce ne subsistait plus que dans la basse vallée du Rhône selon les autorités. Mais il aura tout de même fallu attendre 1968 pour que le castor soit protégé. Trop tard pour le Nord, dont il avait depuis bien longtemps disparu.

« En aucun cas nous ne nous attendions à trouver des castors »

Autant dire que quand Julian Lazard, chargé d’études sur la faune pour le bureau Rainette, a découvert des traces laissées par des castors près de Lille, il a été très surpris. « En milieu d’année dernière, nous avions commencé une mission d’inventaire sur la biodiversité dans ce canal de la métropole. En aucun cas nous ne nous attendions à trouver des castors », explique-t-il. Mais les premiers indices ont commencé à tomber : « Nous avons trouvé des crayons, des branches taillées en biseau. C’est un indice mais le ragondin est aussi capable de faire la même chose sur de petites branches. » La confirmation qu’il s’agissait bien de castors est arrivée au début de l’automne avec la découverte d’autres crayons, mais aussi de rampes d’accès, des copeaux et de « baguettes », de petites branches écorcées.

Pour autant, personne n’a encore pu observer l’animal lui-même. « Parce qu’elle était victime de la chasse, l’espèce a changé son comportement et elle est devenue nocturne, assure le spécialiste. Dans notre cas, les indices montrent que l’on a sûrement affaire à un individu seul et plutôt jeune », détaille Julian Lazard. Néanmoins, la population devrait augmenter si personne ne vient les embêter. « Pour la biodiversité, c’est une bonne nouvelle. Le castor est un véritable créateur de zones humides propres au développement d’autres espèces comme les amphibiens », argumente le chargé d’études.

Le seul risque pour ces castors, arrivés tout droit de Belgique, c’est le facteur humain. Contrairement à ce qui est dit parfois, ce rongeur n’est pas vecteur de maladies. « Il peut parfois faire des dégâts sur les arbres en bordure de cours d’eau », concède le chargé d’études chez Rainette. Mais de toute façon, il est protégé, donc il faudra bien faire avec.