Bordeaux : La start-up ADV-Tech expérimente une éolienne urbaine unique au monde

ENERGIE ADV-Tech vient de signer un partenariat avec Bordeaux Métropole Energies, pour tester une éolienne urbaine dont la technologie révolutionnaire permet un très haut rendement, sans que les pales fassent le moindre bruit

Mickaël Bosredon

— 

Arnaud Curutchet, fondateur de la start-up bordelaise ADV-Tech, et son éolienne urbaine City Wind.
Arnaud Curutchet, fondateur de la start-up bordelaise ADV-Tech, et son éolienne urbaine City Wind. — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • L’éolienne City Wind de la start-up ADV-Tech effectue un mouvement ondulatoire qui ressemble à la nage des poissons.
  • Ce mouvement biomimétique procure à la machine un haut niveau de rendement, sans que les pales fassent le moindre bruit.
  • Une petite machine de 500 watts est actuellement testée sous le pont d’Aquitaine, avant la fabrication d’une plus grosse éolienne d’1 kW.
  • Si les tests sont concluants, Bordeaux Métropole pourrait passer commande d’une centaine de machines.

Une start-up qui a le vent en poupe. Installée sur le  campus Arts et Métiers de Talence, ADV-Tech vient de signer un partenariat avec Bordeaux Métropole Energies et la ville de Bordeaux, pour le développement d’un tout nouveau prototype d’ éolienne urbaine, qui pourrait déboucher sur la fabrication d’une centaine de machines. Voici ce qu’il faut savoir sur cette première mondiale.

Que fait ADV-Tech ?

Cette start-up bordelaise a été lancée en 2012 par Arnaud Curutchet, enseignant-chercheur à l'Enseib-Matmeca Bordeaux-INP (Ecole Nationale Supérieure d'Electronique, Informatique, Télécommunications, Mathématique et Mécanique), et docteur en électronique. Il est tombé sur une nouvelle technologie de rotor, qui avait juste été imaginée et jamais mise en application, et s’est dit « que c’était comme cela qu’il fallait faire. » Avec des machines-outils, il a alors créé un premier prototype d’éolienne, puis un deuxième, et lancé sa société.

Arnaud Curutchet, fondateur de la start up ADV-Tech, qui produit des éoliennes urbaines.
Arnaud Curutchet, fondateur de la start up ADV-Tech, qui produit des éoliennes urbaines. - Mickaël Bosredon/20 Minutes

La particularité technologique de son éolienne, baptisée City Wind, « repose sur le mouvement que l’on fait faire à nos pales, que l’on peut qualifier de biomimétisme [ingénierie qui imite le vivant]. » C’est « un mouvement ondulatoire qui ressemble beaucoup à la nage des poissons. » Elle permet « un niveau de performance inégalable en termes de rendement ». Et surtout elle est complètement silencieuse ! Il n’existe pas à ce jour d’autre éolienne fonctionnant avec cette technologie. « C’est clairement une première mondiale », assure le fondateur de la start-up.

Quelle est la nature du partenariat signé avec Bordeaux Métropole Energies ?

Quand Bordeaux Métropole Energies a eu vent de ce projet, « cela nous a tout de suite intéressés, et nous avons conclu de tester un prototype », explique son directeur général Philippe Denis. Une machine d’1 kW, (qui mesurera un mètre de diamètre avec des pales de deux mètres) sera installée sur le site de Bordeaux Métropole Energies, sous le pont d’Aquitaine, en avril. En attendant, elle teste depuis dix jours une machine deux fois plus petite, de 500 watts. La fabrication d’une série d’une centaine de machines d’1 kW [ce qui peut correspondre à la consommation électrique d’un foyer hors chauffage et eau chaude] est envisagée par la suite.

L'éolienne City Wind de la start-up bordelaise ADV-Tech, d'une puissance de 500 watts, préfigure un futur modèle d'1 kW
L'éolienne City Wind de la start-up bordelaise ADV-Tech, d'une puissance de 500 watts, préfigure un futur modèle d'1 kW - Mickaël Bosredon/20 Minutes

Pourquoi est-ce si long de fabriquer ce type d'éolienne urbaine ?

Essentiellement pour des raisons financières. « Il est très difficile de rendre viable économiquement des éoliennes de petite puissance, explique Arnaud Curutchet. A l’heure actuelle, une éolienne à hélices d’1 MW [c’est-à-dire les grandes éoliennes que nous avons l’habitude de voir dans les champs], vaut environ un million d’euros, soit 1.000 euros du kW. Cela veut dire qu’une machine d’1 kW comme celle que nous préparons pour Bordeaux Métropole devrait valoir 1.000 euros… Autant vous dire que ce n’est pas le cas [on serait plutôt sur plusieurs dizaines de milliers d’euros], car 1.000 euros c’est juste le prix des pales et de la génératrice. » Seule solution pour faire baisser les coûts : l’industrialisation, ce qui est bien le but d'ADV-Tech. C’est pourquoi la commande d’une série de cent machines pourrait permettre à l’entreprise de franchir un palier, tout comme la levée de fonds de 3 millions d'euros que l'entrepreneur a lancée.

Quel est le frein principal à l’installation d’éoliennes en milieu urbain ?

Ce qui est le plus reproché aux éoliennes, c’est le bruit des hélices. « Plus l’hélice est petite, plus elle tourne vite, plus elle fait bruit », résume Arnaud Curutchet. Mais la technologie de sa City Wind permet à sa machine de ne faire « aucun bruit », assure-t-il. « Les pales de la City Wind tournent en effet très lentement, elles iront en permanence moins vite que le vent, c’est la particularité intrinsèque de notre technologie. »

Où pourrait-on installer ces éoliennes urbaines ?

Sur des toits d’immeubles, des bâtiments publics, dans des parcs d’éoliennes qui pourraient être créés spécifiquement… « Mais il faut avant toute chose faire une étude sérieuse de vent, prévient le docteur en électronique, en disposant des capteurs dans des endroits stratégiques, et en couplant cela avec des simulations pour se rendre compte s’il existe des couloirs de vent à certains endroits. Après, certainement qu’en bord de Garonne il y a plus d’air, mais encore faut-il le démontrer. »