Le WWF « s’oppose formellement » à la première certification durable d’une pêcherie de thon rouge

PECHE Cette certification accordée par le label MSC « compromet la reconstitution du stock sur le long terme », selon l’ONG

20 Minutes avec agences

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Un thon rouge sur le port de Los Cristianos en Espagne, le 9 mars 2016.
Un thon rouge sur le port de Los Cristianos en Espagne, le 9 mars 2016. — ROVERIMAGES/SIPA

Le WWF « s’oppose formellement » à la première certification durable d’une pêcherie de thon rouge dans l’Atlantique. Celle-ci est en passe d’être accordée par le MSC (Marine Stewardship Council), l’un des labels les plus connus au niveau mondial. Dans un communiqué, l’ONG estime qu'« une telle mesure constitue une incitation dangereuse pour le marché et compromet la reconstitution du stock sur le long terme ».

« Alors qu’ils étaient au bord de l’extinction dans les années 2000, les stocks de thon rouge de l’Atlantique sont en hausse depuis quelques années » mais « la population n’a pas encore atteint le seuil de durabilité », explique le WWF. « Cela signifie qu’aucune pêcherie de thon rouge ne devrait être approuvée par un label durable ».

« La nécessité d’une gestion préventive »

L’organisation appelle donc le MSC à « stopper le processus de certification en cours et à faire pression sur les gouvernements afin qu’ils améliorent les contrôles des pêcheries ainsi que leur traçabilité ». « En tant que partie prenante impliquée dans la protection et la gestion efficace des stocks de thon rouge, nous avons partagé nos opinions scientifiquement appuyées dans le cadre de la procédure (de certification, N.D.L.R.), mais celles-ci ont été sommairement rejetées », déplore Giuseppe Di Carlo, directeur de l’Initiative marine méditerranéenne du WWF. Il souligne aussi « la nécessité d’une gestion préventive et précautionneuse pour assurer la sauvegarde de cette espèce emblématique ».

Le thon rouge a été victime de surpêche pendant des décennies en Méditerranée et dans l’Atlantique. Devant la perspective de voir l’espèce ajoutée à la liste des espèces menacées de l’ONU, des quotas drastiques et des mesures de protection ont été adoptées, ce qui a permis aux stocks de poissons de se reconstituer.